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La BCE voit la croissance en zone euro à 1,1% en 2014

Mario Draghi prévoit une croissance de 1,5% dans la zone euro en 2015

Mario Draghi prévoit une croissance de 1,5% dans la zone euro en 2015 - -

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne a annoncé, ce jeudi 5 décembre, que l'institution ne voit pas l'inflation dépasser 1,3% avant 2015, se montrant plus optimiste sur la croissance. La BCE a, par ailleurs, maintenu inchangé ses taux.

"Joyeux Noël et bonne année", tels ont été les premières déclarations de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, qui tenait, ce jeudi 5 décembre, sa dernière conférence de l'année 2013.

De fait, Mario Draghi avait le sourire durant cette réunion. Pourtant les prévisions économiques de la BCE, qu'il a communiqué durant sa conférence, ont montré un certain pessimisme de l'institution concernant l'évolution des prix en zone euro. Ainsi elle prévoit une inflation pour la zone euro de 1,4% en 2013, 1,1% en 2014 et 1,3% en 2015.

Par rapport à ses dernières prévisions, de septembre, la BCE a revu à la baisse le chiffre de 2013 de -0,1% et de 2014 de -0,2%. Des estimations très largement inférieures à l'objectif visé par la BCE, qui est de 2%.

Une croissance en hausse

Mais Mario Draghi ne s'est pas alarmé: "il serait erroné de penser que nos décisions se fondent sur un seul chiffre d'inflation", a-t-il déclaré en référence à l'indice des prix à la consommation, le principal indicateur utilisé pour mesurer l'inflation.

"Il serait également erroné de penser que notre politique monétaire produit ses effets immédiatement. Elles ne peuvent se faire que sur la durée", a-t-il poursuivi rappelant que la BCE a déjà abaissé ses taux directeurs le mois dernier pour cette raison. Il a néanmoins jugé que cette dernière action a "produit les effets désirés et escomptés" ce qui a justifié le fait que la BCE n'ait pas pris de nouvelles mesures ce jeudi.

Concernant la croissance, le président de la BCE a indiqué que l'institution table sur un chiffre de -0,4% pour la zone euro en 2013, 1,1% en 2014 et 1,5% en 2015. Le taux de 2014 a été légèrement revu à la hausse.

La BCE "prête à agir"

Concernant la politique monétaire à proprement parler, la Banque centrale européenne avait, quelques heures auparavant, déjà annoncé qu'elle maintenait inchangé son principal taux directeur à 0,25%.

Mario Draghi a réaffirmé que ces taux "resteront à leurs niveaux actuels ou diminueront pour une période prolongée".

La BCE, qui fait face à une inflation et une dynamique du crédit atones, est "prête à agir", a ajouté Mario Draghi, précisant que "nous sommes prêts, sur un plan technique, sur tout un ensemble de mesure".

Il a notamment indiqué que le Conseil des gouverneurs de la BCE a "rapidement évoqué" l'hypothèse d'un taux de dépôt négatif (le taux auquel la BCE rémunère les dépôts des banques de la zone euro), sans décider de l'adopter. Une telle mesure aurait eu pour but d'inciter les banques à prêter davantage.

Des doutes sur le LTRO

Interrogé sur l'éventualité d'un nouveau LTRO, c’est-à-dire un prêt exceptionnel de long terme à destination des banques, Mario Draghi a semblé s'éloigner de cette solution.

Il a argué que les premiers LTRO avaient été utilisés "lors d'une période de grandes incertitudes". Or "l'incertitude a beaucoup reculé". De plus, il a fait le constat que lors de ces précédents prêts "la liquidité n'a pas vraiment servi à perfuser l'économie" alors que "si nous faisons une opération comparable aux LTRO, nous voulons être sûrs qu'elle profitera à l'économie".

Et le président de la BCE de déclarer aux journalistes, en fin de conférence, qu'ils ont "eu leur cadeau de Noël". La conférence a, en effet, duré 10 minutes de plus que prévu, un fait rarissime...

Julien Marion