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La BCE va devoir apprendre à communiquer

Mario Draghi doit régulièrement se livrer à un exercice périlleux: la communication à long terme.

Mario Draghi doit régulièrement se livrer à un exercice périlleux: la communication à long terme. - -

Un an jour pour jour après la promesse de Mario Draghi de soutenir la zone euro, la Banque centrale européenne se trouve face à un nouveau défi: rassurer les marchés sur le long terme.

Un an jour pour jour après le "whatever it takes" de Mario Draghi, cette promesse faite au marché, le 26 juillet dernier, de faire tout ce qu'il faudra pour soutenir la zone euro, la BCE est entrée dans une nouvelle ère.

Début juillet, la Banque Centrale Européenne a en effet pris un engagement à long terme : maintenir sa politique accommodante aussi longtemps qu'il faudra. Ce qui marque aussi une nouvelle étape dans la communication de la BCE.

Communiquer sur sa politique à long terme, aujourd'hui, la BCE ne sait pas faire. Mais elle n'a plus le choix, et va devoir apprendre. Pour la première fois, le 4 juillet dernier, le patron de la banque a prononcé cette expression, que l'on a l'habitude d'entendre du côté de la Réserve fédérale américaine: les taux resteront bas "pour une période prolongée".

Divergences entre gouverneurs

L'exercice des annonces à long terme n'est pas facile. Plus la Banque Centrale va communiquer, plus les marchés auront des attentes. Aux Etats-Unis, la Fed a dû donner des précisions sur le possible ralentissement de ses injections de liquidités: quand, comment, à quel rythme....

En Europe aussi, la pression risque de monter. Il va falloir gérer, trouver le bon vocabulaire, ne pas décevoir les marchés. La BCE devra également maitriser les divergences au sein de son conseil des gouverneurs, pour ne pas provoquer d'inquiétudes.

Et éviter les dérapages, comme au lendemain du 4 juillet, lorsque le gouverneur allemand avait affirmé que les interventions verbales de la BCE n'avaient pas valeur d'engagement

Dorothée Balsan