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La banque Natixis cède le contrôle de Coface et empoche 480 millions d'euros

Le repreneur est l'assureur américain Arch Capital Group. BPCE, la maison mère de Natixis, considérait Coface comme un actif non stratégique.

La banque Natixis a annoncé mardi la cession de 29,5% de Coface, sa filiale d'assurance-crédit, à l'assureur américain Arch Capital Group, pour près de 500 millions d'euros, un actif qu'elle considérait comme non-stratégique. Le prix par action est de 10,70 euros, a précisé la filiale cotée du groupe bancaire mutualiste BPCE dans un communiqué. 

Cela "correspond à une valeur de transaction d'environ 480 millions d'euros sur la base du nombre actuel d'actions", a ensuite ajouté Arch Capital Group dans un communiqué séparé.

Arch Capital fournit des produits d'assurance, de réassurance et d'assurance hypothécaire. L'entreprise, basée aux Bermudes, enregistrait en 2018 près de 5,45 milliards de dollars de revenus pour un résultat net de 728 millions de dollars, selon les derniers résultats annuels disponibles.

Coté en 2014

"C'est une étape importante pour nous puisque la Coface est une participation de Natixis depuis 2006. Et depuis 2009 elle ne fait plus partie de nos métiers coeur", a justifié le directeur général de la banque, François Riahi, lors d'une conférence téléphonique.

"On avait passé une première étape en 2014 lorsqu'on avait coté la Coface et vendu un peu moins de 60% de nos actions sur le marché", a-t-il poursuivi. Aujourd'hui, "on est dans une seconde étape" car nous en abandonnons le contrôle, a-t-il dit, estimant avoir reçu une proposition intéressante "en termes de prix et de partenaire".

Coface a indiqué dans un communiqué séparé être à la recherche du futur président de son conseil d'administration, qui sera un administrateur indépendant et "dont le mandat débutera à la date de la réalisation définitive de l'opération". 

L'opération déclenchera la déconsolidation de Coface dans les comptes de Natixis. Elle permettra d'augmenter les fonds propres de la banque française d'environ 350 millions d'euros, selon M. Riahi.

Plan stratégique maintenu

Elle entraînera également "une dépréciation de goodwill (écart entre la valeur comptable de ses acquisitions et le prix réellement payé par le groupe, NDLR), d'environ 100 millions d'euros au premier trimestre 2020", sans impact sur le ratio de solvabilité" (dit CET1 et composé de capitaux destinés à parer à d'éventuels chocs), détaille le communiqué de Natixis.

A la suite de l'opération, la banque ne détiendra plus que 12,2% du capital de Coface, et "ne sera plus représentée au conseil d'administration de Coface", a-t-elle fait savoir.

De son côté, Arch a souligné vouloir effectuer "un investissement stratégique de long terme dans Coface", et assuré que l'opération "n'aura aucun impact" sur ses employés et ceux de Coface. Il a également affirmé qu'il ne prendrait pas le contrôle de Coface "pendant une période de 12 mois après la réalisation de l'opération".

"Nous soutenons l'équipe de direction de Coface et sommes en accord avec leur plan stratégique", a affirmé le PDG d'Arch, Marc Grandisson, cité dans le communiqué de sa société. L'opération reste soumise à des autorisations réglementaires, et sa réalisation "pourrait prendre six à 12 mois", a précisé Natixis dans son communiqué. 

OC avec AFP