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La Banque de France s'inquiète de l'amende de 5 milliards de dollars de BNP Paribas

Christian Noyer surveille de près l'enquête sur BNP Paribas.

Christian Noyer surveille de près l'enquête sur BNP Paribas. - -

Les autorités américaines pourraient infliger à la banque une amende record. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, s'inquiète des conséquences.

La sanction à l'encontre de BNP Paribas inquiète. La banque est accusée, par les autorités américaines, d'avoir réalisé des opérations avec des pays soumis à des sanctions économiques par les Etats-Unis, comme Cuba ou le Soudan.

Si elle est déclarée coupable, elle pourrait payer une amende de 5 milliards de dollars et perdre sa licence pour les Etats-Unis.

Et cela agite la Banque de France qui craint les risques inhérents. "Nous sommes évidemment extrêmement attentifs aux risques qui émanent de ce qui pourrait être une évolution de la jurisprudence américaine mais je ne souhaite pas en dire plus", a déclaré vendredi 23 mai Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

"Nous avons vérifié que toutes les transactions incriminées étaient conformes aux règles, lois, règlementations, aux niveaux européen et français", a déclaré Christian Noyer lors d'une conférence de presse.

Il n'y avait "aucune contravention à ces règles, ni d'ailleurs aux règles édictées par les Nations Unies", a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la Banque de France a relevé que l'approche des Etats-Unis en la matière avait évolué et il a, en conséquence, appelé toutes les banques européennes à être "vigilantes".

"Depuis le changement de doctrine des Etats-Unis, qui a eu lieu dans la seconde moitié des années 2000, toute opération faite en dollars doit être conforme à la réglementation américaine même si elle est menée par une structure qui n'est pas américaine", a-t-il insisté.

"Confiant dans la capacité de la banque"

Lors de l'Assemblée générale annuelle de la banque, le 14 mai, le directeur général Jean-Laurent Bonnafé a indiqué que les discussions avec les autorités se poursuivaient et qu'il lui était impossible de communiquer un calendrier pour la suite de la procédure.

Mais il a également précisé qu'il était "confiant dans la capacité de la banque (...) à gérer cette situation qui est évidemment difficile".

Diane Lacaze avec agences