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La Banque de France pénalisée par la fin de la crise de l'euro

La Banque de France a réalisé un bénéfice supérieur à 3 milliards d'euros en 2012

La Banque de France a réalisé un bénéfice supérieur à 3 milliards d'euros en 2012 - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L’établissement a connu une baisse de son résultat net de 22% à 2,4 milliards d'euros en 2013 selon son rapport annuel, publié ce lundi 24 mars. Mais l'institution avait connu une année 2012 dopée par les bénéfices enregistrés sur les titres de dette de pays fragilisés.

C'est un paradoxe: la conjoncture a été meilleure en 2013, mais le bénéficie de la Banque de France a nettement chuté. Selon son rapport annuel publié ce lundi 24 mars, l'institution a publié un bénéfice net de 2,4 milliards d'euros. Soit une baisse de 22% par rapport à 2012, année où le résultat net s'était élevé à 3,15 milliards d'euros.

Mais cette variation est à nuancer. Car comme l'explique la Banque de France elle-même, cette exercice 2013 est pénalisé par "la normalisation de la politique monétaire" de la Banque.

Explication: en 2011 et 2012, l'institution a participé à un programme d'aide de la Banque centrale européenne en rachetant de la dette de pays en difficulté (Grèce, Irlande, Portugal). Elle a ensuite enregistré des bénéfices liés à la détention de ces titres de dettes qui, en raison des risques, offraient des rendements élevés. La Grèce, à elle seule, avait gonflé le résultat de la BdF de 450 millions d'euros.

2,45 milliards d'euros d'impôts sur les sociétés

"Je préférerais ne pas avoir ces résultats et que les économies ne soient pas en crise. Si on avait le choix, je préfèrerais avoir des résultats moins flatteurs", déclarait alors Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France.

Son vœu est désormais exercé: les économies grecques et irlandaises se portent beaucoup mieux, et les résultats de la Banque de France sont moins bons puisqu'elle détient désormais beaucoup moins de titres de dette de ces pays.

Par ailleurs, la Banque de France précise dans ce même rapport d'activité qu'elle va verser 2,45 milliards d'euros à l'Etat au titre de l'impôt sur les sociétés. Elle a également choisi de renforcer le Fonds pour risque généraux, "sa réserve de secours"', de 1,25 milliard d'euros.

"La crise financière et la crise des dettes souveraines ont montré que (…) les banques centrales devaient être en mesure de supporter des risques élevés, le défaut de contreparties bancaires ou l’insolvabilité de certains émetteurs de titres pouvant significativement obérer leur résultat", justifie-t-elle pour expliquer cette dernière opération.

J.M.