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L'Etat va emprunter 4,5 milliards d'euros pour solder la dette du Crédit Lyonnais

L'Etat va profiter de "conditions de financement favorables" pour anticiper un emprunt de 4,5 milliards d'euros.

L'Etat va profiter de "conditions de financement favorables" pour anticiper un emprunt de 4,5 milliards d'euros. - -

Le ministère du Budget a indiqué, dimanche 10 novembre, que l'Etat allait anticiper d'un an un emprunt de 4,5 milliards d'euros sur les marchés financiers, afin de solder la dette issue du naufrage du Crédit Lyonnais

Les retombées du naufrage du Crédit Lyonnais continuent d'affecter l'Etat français. Comme l'avait annoncé BFMBusiness.com il y a tout juste un an, celui-ci doit encore régler une dette de 4,5 milliards d'euros. Pour ce faire, le ministère du Budget a indiqué, dimanche 10 novembre, qu'il allait anticiper d'un an son emprunt sur les marchés financiers.

"Il est bien prévu dans le projet de loi de finances rectificative une reprise de dette de l'EPFR" (Etablissement public de financement et de restructuration), un organisme créé dans les années 1990 afin d'organiser le soutien financier de l'Etat au plan de sauvetage du Crédit Lyonnais, a indiqué un porte-parole du ministère, confirmant une information du Parisien.

Précisément, un des articles de la loi de finances rectificative pour 2013, qui doit être présentée mercredi en Conseil des ministres, "autorisera l'Agence France Trésor - le service de Bercy chargé de la dette - à emprunter 4,5 milliards d'euros sur les marchés financiers", avec pour objectif de rembourser "les dernières dettes générées par la quasi faillite de cette banque publique en 1993". "Si le Parlement accepte la mesure, l'Etat mettra donc un point final au volet financier de ce naufrage industriel", souligne Le Parisien.

Une solution "conforme à l'intérêt des finances publiques"

Pour sauver Le Crédit Lyonnais, l'Etat a créé en 1995 deux structures: le Consortium de réalisation (CDR), qui était chargé de vendre des actifs du Crédit Lyonnais, et l'EPFR, qui avait emprunté à l'époque 130 milliards de francs (environ 19,8 milliards d'euros) à l'établissement bancaire, rappelle le journal. Il reste aujourd'hui une traite de 4,5 milliards d'euros à régler avant le 31 décembre 2014.

"On anticipe d'un an sur l'échéance car les conditions de financement sont favorables", a expliqué le porte-parole, faisant valoir qu'il s'agissait d'"une solution conforme à l'intérêt des finances publiques".

De son côté, le feuilleton judiciaire de ce dossier se poursuit, notamment le volet Adidas et l'arbitrage controversé qui avait accordé 403 millions d'euros à l'homme d'affaires Bernard Tapie pour solder son contentieux avec le Crédit Lyonnais.

Y. D.