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L'amende des USA n'a pas fait trébucher BNP Paribas

L'année 2016 devrait être plus compliquée pour la banque.

L'année 2016 devrait être plus compliquée pour la banque. - Loïc Venance - AFP

L'amende de 6,6 milliards d'euros infligée l'an passé par la justice américaine ne l'a pas empêché de réaliser un bénéfice trois fois supérieur aux attentes.

L'énorme amende que lui a infligé la justice américaine n'aura pas trop pénalisée BNP Paribas. L'an passé, le groupe est parvenu à dégager un bénéfice net de 157 millions d'euros, en dépit de l'amende de 6,6 milliards d'euros infligée par les Etats-Unis pour non-respect d'embargos économiques, a indiqué l'établissement dans un communiqué publié ce jeudi 5 février.

BNP Paribas a reconnu fin juin avoir réalisé des opérations en dollars avec le Soudan, l'Iran et Cuba - trois pays sous embargo américain - entre 2002 et 2012. Pour éviter un procès, la banque a accepté d'écoper de la plus lourde amende jamais infligée par les Etats-Unis à un établissement étranger.

Les analystes avaient anticipé que BNP Paribas allait achever 2014 sur un bénéfice mais ils s'attendaient à ce qu'il soit trois fois inférieur au consensus du fournisseur de données financières FactSet (50 millions d'euros).

Haut niveau de solvabilité

Pour parvenir à ce résultat, le groupe s'est appuyé sur le dynamisme de ses métiers. Son produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires) a augmenté de 2% pour s'établir à 39,2 milliards d'euros, lui aussi au-dessus du consensus (38,8 milliards).

BNP Paribas conserve par ailleurs un haut niveau de solvabilité: son ratio de fonds propres "dur" (apports des actionnaires et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits consentis) atteignait 10,3% fin décembre, stable par rapport à la fin 2013.

"Le groupe réalise une bonne performance avec un résultat net de 7 milliards d'euros hors éléments exceptionnels. (...) Les revenus progressent dans tous les pôles opérationnels, la bonne dynamique commerciale témoignant de la confiance des clients institutionnels, entreprises et particuliers", se félicite le directeur général Jean-Laurent Bonnafé dans ce communiqué.

Rater certains objectifs pour 2016

Son dossier américain refermé, BNP Paribas a dorénavant les yeux rivés sur 2016, échéance de son plan stratégique démarré l'an dernier. Et la banque française laisse entendre que certaines de ses ambitions se retrouvent sur la sellette à cause d'un environnement plus maussade que prévu, notamment les nouvelles taxes et réglementations imposées au secteur bancaire, qui pourraient amputer de 500 millions d'euros le résultat net de BNP Paribas l'an prochain.

Ces coûts supplémentaires sont notamment liés à sa contribution au fonds de résolution européen censé accompagner les faillites bancaires jusqu'en 2022, au durcissement de la réglementation pour les banques étrangères aux Etats-Unis et au renforcement du matelas des fonds propres en discussion dans le cadre du G20.

"Cet impact devrait se réduire par la suite avec la baisse puis la disparition de certaines taxes et contributions, ainsi que de certains coûts de mise en place", souligne BNP Paribas. Autre dossier qui pourrait se révéler plus compliqué qu'attendu: la situation de sa filiale italienne BNL (Banca Nazionale del Lavoro).

Après avoir passé une dépréciation de 297 millions d'euros au quatrième trimestre 2014 concernant sa filiale, BNP Paribas, qui espérait redresser la barre en Italie d'ici 2016, pense que la faible croissance du pays va peser sur son activité.

D. L. avec AFP