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HSBC : départ surprise de son patron, 4000 emplois supprimés

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- - Tolga Akmen - AFP

Tensions commerciales, Brexit, crise à Hong Kong… le groupe bancaire fait face à un « environnement mondial de plus en plus complexe et exigeant ».

18 mois et puis s’en va. Le groupe bancaire HSBC a annoncé le départ de son directeur général John Flint, ce lundi matin, en accord avec le conseil d'administration. « J'ai estimé, comme le conseil d'administration, que les bons résultats provisoires d'aujourd'hui indiquent que c'est le bon moment pour un changement, pour moi et pour la banque » explique le principal intéressé. De son côté, le président du groupe,Mark Tucker, assure qu’il ne s’agit pas d’une « mésentente personnelle » ni même d’un « désaccord sur la stratégie ». En revanche, ce départ a probablement été inspiré par le conseil d’administration, le communiqué estimant « qu'un changement est nécessaire pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés et pour saisir les très importantes opportunités qui sont devant nous » dans un « environnement mondial de plus en plus complexe et exigeant. »

Quelques heures après cette annonce, HSBC a annoncé la suppression de 4000 emplois soit 2% des 200.000 salariés du groupe. Ces licenciements vont concerner 4% du montant total des salaires du groupe et vont coûter entre 650 et 700 millions de dollars cette année à HSBC, qui cible des postes à responsabilité.

Spectre du Brexit

Ces annonces interviennent alors que le groupe a publié de bons résultats au second trimestre, avec un bénéfice net en progression de 18,6% à 8,5 milliards de dollars. Problème, les perspectives sont moins réjouissantes pour la banque britannique. Le spectre du Brexit et l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson pèsent sur les opportunités futures. De la même façon, HSBC, très active en Asie, souffre des tensions commerciales avec la Chine et de la crise qui prend de l’ampleur à Hong Kong. De la même façon, la baisse des taux aux Etats-Unis risque d’affecter encore un peu plus la santé des banques. « Les perspectives ont changé », prévient le groupe dans le communiqué.

Virage stratégique

La semaine dernière, le Financial Times affirmait que HSBC avait joué un rôle actif dans l'enquête américaine sur la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou. Pékin avait alors décidé de placer le groupe sur une "liste d'entités peu fiables" par le gouvernement chinois. Le débarquement de John Flint pourrait être une façon d'apaiser les tensions avec la Chine. 

C’est donc la prudence qui domine. Si John Flint s’était lancé dans un ambitieux plan d’investissement de 15 à 17 milliards de dollars, le groupe bancaire semble plutôt opérer un sérieux virage stratégique, sous l'impulsion du président du groupe Mark Tucker en 2017.

HSBC se cherche désormais un nouveau directeur général, Noel Quinn, chef de la division banque commerciale du groupe va devenir le directeur général par intérim.

La rédaction avec AFP