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Frais bancaires excessifs : l'UFC repart à l'assaut

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L'organisation de défense des consommateurs dénonce la dérive des frais bancaires « toujours plus illisibles et opaques » et fait des propositions à Christine Lagarde pour y remédier, dans un rapport publié hier mardi.

Parmi les 12 banques étudiées par l’UFC : BNP Paribas, BRED, Caisse d’Epargne Ile-de-France, CIC, Crédit Agricole Ile-de-France, Crédit du Nord, HSBC, La Banque Postale, LCL, Société Générale…Selon l'assocation, les banques ont mis en place des stratégies de contournement en gonflant les packages de services inutiles ou en augmentant leurs tarifs jusqu’aux plafonds autorisés. Elles abuseraient également de la technique de l’information fleuve, qui noie les consommateurs.

Brochures incompréhensibles et fin de la gratuité

Selon l'UFC, les brochures sur les tarifs publiées par les banques comptent en moyenne 24 pages et 303 tarifs. « Comparer les tarifs relève du parcours du combattant », commente l'association. La palme reviendrait à LCL, avec une brochure de 63 pages et à la Caisse d'Epargne IDF avec 396 tarifs.
Les libellés des opérations affichés dans les brochures sont souvent incompréhensibles. Exemple, la Caisse d’Epargne Auvergne facture le « retrait du consentement sur une opération de prélèvement » : 18€.

Autre grief, la multiplication depuis 2004 des services payants, autrefois gratuits. En moyenne, il y a neuf nouvelles opérations facturées. La Banque Populaire du Nord facture notamment « 10 opérations supplémentaires ».
En outre, le remplacement d’une carte bancaire avant échéance, fréquemment gratuit il y a 5 ans, est désormais systématiquement payant. Ce qui se traduit par un quasi-doublement (+92,4%) du prix moyen de cette opération sur les banques étudiées.

Enfin, l'UFC relève que le nombre de conseillers particuliers a diminué de 10% en 5 ans, alors que celui des traders a bondi de 58% et celui des chargés de communication de 109%.

Des propositions pour clarifier les tarifs

L'UFC-Que Choisir demande à ce que les frais aient tous la même dénomination, quelle que soit la banque. Elle souhaite également un récapitulatif des principaux tarifs au début de chaque brochure. Autre proposition : limiter le nombre et le montant des frais de « sanction » encaissés par les banques. Elle réclame enfin la création d'un observatoire des tarifs bancaires, qui « mettrait régulièrement les feux de l'actualité sur la question ».

« Les clients sont des vaches à lait… »

Outre « l’homogénéité du vocabulaire tarifaire » utilisé par les banques, Serge Maître, président de l’Association française des usagers des banques (AFUB), propose le plafonnement « des commissions d’intervention, des frais qui représentent trop souvent les deux tiers de la facture annuelle bancaire. Les clients des banques ont l’impression de se transformer en véritables vaches à lait. »

bourdinandco