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Deutsche Bank interdit WhatsApp, iMessage et les SMS à ses salariés

A Francfort, devant le siège de Deutsche Bank, une sculpture commémorant Gutenberg rappelle la pérennité de l'information.

A Francfort, devant le siège de Deutsche Bank, une sculpture commémorant Gutenberg rappelle la pérennité de l'information. - John McDougall - AFP

L’usage des messageries instantanées ou éphémères est désormais interdit à tous les salariés de Deutsche Bank. La banque ne veut plus d’échanges qui ne peuvent être archivés. Pour communiquer par écrit, seuls le mail est autorisé.

Deutsche Bank ne veut plus que ses salariés écrivent à tort et travers. Selon une note interne que s’est procurée Bloomberg, la banque allemande va interdire d'ici à la fin du premier trimestre l’usage à titre professionnel des messageries instantanées ou éphémères, ainsi que des SMS.

La mesure concerne des applis mobiles comme WhatsApp, Skype, Google Hangouts ou Apple iMessage qui permettent d’échanger des messages très rapidement. Deutsche Bank a prévenu que ces applications seront effacées des téléphones de service et ne devront plus être utilisées sur les appareils personnels du moins pour un usage "pro".

Des pièces réclamées par la justice

"Nous comprenons bien que cela modifiera votre travail et nous en sommes désolés", indique la direction du groupe qui explique que cette mesure est une "étape nécessaire afin de s'assurer que Deutsche Bank continue à se conformer aux exigences réglementaires et légales". En effet, les messages échangés sur ces plateformes ne laissent aucune trace et la constitution d’archives est donc impossible.

Selon Bloomberg, cette mesure a surtout été introduite pour rétablir "la bonne réputation" de la banque, "sérieusement écornée par son implication dans divers scandales". Depuis 2008, Deutsche Bank a écopé d’amendes qui, avec les frais de justice et d’avocats, ont représenté 13,9 milliards de dollars (13 milliards d'euros). Bloomberg rappelle aussi qu’en 2012, 485 bandes d’appels téléphoniques réclamées par les autorités financières britanniques lors d'une enquête ont été "accidentellement détruites". 

En décembre dernier, elle a négocié avec le ministère américain de la Justice une amende de 7,2 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) pour solder les litiges liés aux subprimes

Pascal Samama