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Des dizaines de milliers de clients de néobanques se retrouvent privés du prêt garanti par l'Etat

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Les entreprises et indépendants qui ont choisi d'ouvrir un compte chez une fintech comme Qonto ou Shine ne peuvent pas obtenir le fameux PGE. Un sérieux trou dans la raquette pour le gouvernement.

C'est l'un des angles morts du dispositif. Seuls les établissements de crédits, et donc les banques traditionnelles, sont autorisés à distribuer les fameux prêts garantis par l'Etat (PGE). Or, ce n'est pas le cas de toutes les fintechs comme par exemple les néobanques Qonto ou Shine qui sont de simples établissements de paiement, et non des établissements de crédits.

Derrière cette problématique, ce sont des dizaines de milliers de start-up et d'indépendants qui n'ont donc pas accès à ces prêts garantis. En clair, tous ceux qui ont uniquement un compte dans une néobanque pourraient se retrouver en faillite, faute de pouvoir, techniquement, obtenir les aides de l'Etat.

Pour tenter de trouver une solution, les fintechs se démènent. Qonto a ainsi tenté de négocier avec le régulateur, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), pour être exceptionnellement autorisé à distribuer des prêts. En vain... Les crédits, s'il étaient accordés, ne bénéficieraient pas de la garantie de l'Etat. D'où le blocage dans les discussions avec l'autorité de contrôle.

Chez Qonto, la piste l'agrément express pour être reconnu en tant qu'établissement de crédit est actuellement explorée. Là encore, le process est en cours, mais raccourcir les délais de traitement au sein de l'ACPR n'est pas chose aisée. D'autant que le dossier doit également être étudié de près par la BCE. La néobanque espère obtenir cet agrément d'ici la fin de l'année.

L'urgence est là

Quant à Bercy, il recommande à ces clients de se tourner vers une banque traditionnelle. Problème : certains ont déjà tenté. En vain là encore car il leur est impossible, en ce moment, d'ouvrir un compte professionnel en agence. Et encore moins pour obtenir un prêt puisque les banques ne gèrent que les demandes de leur propres clients.

Alors Bercy propose que ces clients se tournent vers Bpifrance qui est autorisé à leur accorder directement ces prêts. Là encore, rien n'est visiblement opérationnel et tous les clients qui les ont contactés se sont heurtés à un refus, indique à BFM Business une source au cœur du dossier.

Sauf que l'urgence est là : certains de ces indépendants et start-up commencent sérieusement à être dans une situation critique et ont absolument besoin d'obtenir un prêt…

Caroline Morisseau avec Thomas Leroy