BFM Business

Coface entre en Bourse

Coface, qui garantit les crédits des entreprises françaises qui exportent, s'introduit en Bourse.

Coface, qui garantit les crédits des entreprises françaises qui exportent, s'introduit en Bourse. - -

L'assureur-crédit français, aussi connu pour ses évaluations économiques des pays, va coter pour la première fois à la Bourse de Paris ce 27 juin. Il a fixé jeudi son prix d'introduction à 10,40 euros.

Coface fait son entrée en Bourse. L'assureur crédit, filiale de la banque Natixis, cotera pour la première fois sur la place parisienne à 10h30 ce vendredi 27 mai. Jeudi, l'organisme qui publie chaque année ses évaluations de la solidité économique des pays du monde a fixé son prix d'introduction à 10,40 euros. C'est le milieu de la fourchette proposée, qui se situait entre 9,60 euros et 11,20. Ce qui valorise la filiale à 1,631 milliard d'euros.

Pour cette IPO, Natixis a cédé 51% du capital, soit "presque 80 millions d'actions Coface, pour un montant total d'environ 831,8 millions d'euros", a annoncé la banque dans un communiqué.

Pour l'instant, la banque reste actionnaire de Coface à 49%. Elle pourrait encore descendre jusqu'à 41,35%, et à terme, continuer de réduire sa participation quand le titre aura gagné de la crédibilité en Bourse.

Des clients partout dans le monde

L'opération était prévue de longue date par l'actionnaire majoritaire qui ne considérait plus la société comme stratégique. "Cette introduction en bourse est un atout pour le groupe Coface", a déclaré Jean-Marc Pillu, directeur général de la Coface.

"Grâce à la diversité de notre actionnariat, reflétant le caractère multinational de notre groupe, nous allons pouvoir continuer à nous développer, innover et à offrir des solutions d'assurance-crédit qui répondent aux besoins de nos clients partout dans le monde", a-t-il ajouté.

La Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur, de son nom complet, propose aux entreprises du monde entier des protections contre le risque de défaillance financière de leurs clients, sur leur marché domestique et à l'export.

Elle commercialise notamment des garanties publiques pour les exportateurs militaro-industriels français. Ce secteur ne représente que 5% de Coface, sur un chiffre d'affaires d'1,44 milliard d'euros en 2013, mais l'Etat français souhaite se préserver de toute influence étrangère, ou menace sur sa souveraineté.

Protéger les informations stratégiques

Un décret émanant de Bercy doit ainsi actualiser prochainement le texte du code des assurances, qui prévoit en particulier que l'Etat puisse bloquer toute prise de participation supérieure à 10%. Un moyen de protéger la société, publique à sa création en 1946, puis privatisée en 1994 avant que Natixis en devienne l'actionnaire majoritaire en 2002, et finisse par acquérir 100% du capital en 2006.

Certains demandent pourtant au gouvernement d'aller encore plus loin. Comme Frédéric Lefebvre, député UMP des Français de l'étranger en Amérique du nord.

"Il faut raisonner en matière d'intelligence économique. Coface connaît l'historique, la stratégie de nos TPE-PME", explique-t-il à BFM Business. Selon lui, "il faut que l'Etat prenne une participation temporaire de 10% pour qu'il y ait une muraille de Chine qui empêcherait tout fonds étranger d'obtenir des informations stratégiques sur nos contrats militaro-industriels et sur nos PME."

N.G. avec AFP