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Cette banque punit ceux qui laissent dormir leur argent sur leur compte

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- - José Luis Sánchez Mesa - Flickr

En Bavière, la banque coopérative Raiffeisenbank a décidé de pénaliser financièrement les dépôts de particuliers au-delà de 100.000 euros. Une première. Jusqu'alors seules les entreprises étaient concernées par cet effet collatéral des taux négatifs appliqués par la BCE.

Un tabou est brisé. Pour la première fois, une banque va répercuter les taux négatifs de la Banque centrale européenne (BCE) en taxant les comptes trop bien garnis de tous ses clients et pas seulement des entreprises. La banque coopérative Raiffeisenbank située à Gmund en Bavière, s'apprête en effet à réclamer une commission de 0,4% sur les dépôts à vue des particuliers dont l'avoir dépasse 100.000 euros, selon une information révélée par Les Echos

Quelque 140 clients, dont les dépôts s'élèvent, au total, à 40 millions d'euros, ont été prévenus il y a deux mois de cette décision, indique le quotidien économique. En réponse à cette taxation, plusieurs d'entre eux ont déjà placé leurs avoirs ailleurs, pour 2 millions d'euros à ce jour, précise encore Les Echos.

Le FMI pour la fin des taux négatifs

Cette décision de la banque Raiffeisenbank est directement liée à la politique de la BCE: depuis juin 2014, celle-ci a fait basculer son taux de dépôt en territoire négatif, ce qui signifie que les banques souhaitant "loger" leurs propres liquidités à la BCE sont obligées de payer pour le faire. Une coûteuse contrainte que les banques cherchent à compenser en faisant de même avec leurs clients.

Quelques banques ont ainsi décidé de taxer leurs grands clients institutionnels. Cet été, Royal Bank of Scotland a même prévenu ses clients professionnels (entreprises) qu'elle pourrait avoir à leur faire payer pour leurs comptes de dépôts. Mais jusqu'à présent, aucune banque n'avait osé s'attaquer aux dépôts des particuliers. La décision de la banque bavaroise Raiffeisenbank pourrait faire des émules. 

La politique de taux négatifs de la BCE a déjà été critiquée à plusieurs reprises. La semaine dernière, deux économistes du FMI ont publié un rapport dans lequel ils lui conseillent d'y mettre fin

Ma. G.