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Ces centaines de milliards d'euros que les Français laissent dormir leurs comptes en banque

Un patron offre 5000 euros au client qui lui trouvera un successeur

Un patron offre 5000 euros au client qui lui trouvera un successeur - moerschy - Pixabay

Les Français ont décidé de mettre de côté, en attendant une rentrée qui s'annonce difficile. Une épargne qui atterrit sur les livrets d'épargne et les comptes courants. Les banques disposent ainsi de liquidités énormes mobilisables pour les prêts garantis par l'Etat.

Traditionnellement rétifs aux placements à risque, les Français ne dérogent pas à la règle en cette période de crise. Les livrets A, qui ne rapportent pourtant que 0,5% (quand l'inflation atteint 0,8% en juillet), sont encore plein à craquer: sur le premier semestre de l'année, la collecte du placement préféré des Français a atteint 20,41 milliards d’euros. Une bonne base pour dépasser le record de 2012 (28,16 milliards en un an)?

Au-delà du livret A, ce sont aussi les comptes courants qui se sont remplis depuis le début de la crise. Selon le dernier baromètre épargne et placements de BPCE-Audrep, le taux d'épargne du second trimestre a atteint 30%, deux fois plus qu'à l'ordinaire. Selon l'OFCE, les Français ont déjà épargné 75 milliards d'euros depuis le début de la crise. Et 44% des sommes mises de côté par les ménages serait resté sur leurs comptes courants.

Une manne pour les banques

Une manne impressionnante pour les banques, qui se retrouvent avec énormément de liquidités. Selon les chiffres des Echos, les dépôts ont augmenté de 28% au deuxième trimestre chez BPCE et de 25% pour les caisses régionales du Crédit Agricole. Chez BNP Paribas, la hausse est comparable (27%). Ses clients laissent ainsi dormir 148 milliards d'euros sur leurs comptes. La Société générale est un peu en retrait (+18%) mais le total des dépôts atteint tout de même 132 milliards d'euros.

Reste à savoir ce vont devenir toutes ces liquidités. Pour les banques, c'est un moyen pratique de financer les Prêts garantis par l'Etat (PGE), même si les taux bas de la BCE leur permettaient déjà de se financer à peu de frais.

Dans les semaines et les mois à venir, elles auront la lourde tâche de faire fructifier cette manne en visant juste en termes de placements. Car si l'utilisation de cette épargne est nécessaire pour une bonne relance de l'économie, les Français n'ont probablement pas l'intention de se départir de leur (mauvaise) habitude : épargner, quoi qu'il en coûte.

Thomas Leroy