BFM Business

Brexit: le manque de patriotisme des banques françaises agace Le Maire

Les banques françaises n'ont pas fait autant d'annonces que leurs consoeurs étrangères

Les banques françaises n'ont pas fait autant d'annonces que leurs consoeurs étrangères - Damien Meyer - AFP

Lors d'une réunion avec la place financière de Paris, le ministre de l'Économie a manifesté son mécontentement, jugeant que trop peu de relocalisations d'effectifs avaient été annoncées par les banques françaises.

C'est peu dire que Paris n'est pas en pole position pour remporter la bataille du Brexit. À l'heure où les grands noms de la Finance passent au radar les différentes villes pour délocaliser leurs activités londoniennes, Francfort semble clairement bien partie pour se tailler la part du lion.

Morgan Stanley, Citigroup, Standard Chartered et Nomura ont ainsi choisi la métropole allemande pour transférer leur siège européen et continuer ainsi à bénéficier du marché unique. Selon un décompte des annonces effectués par Bloomberg, 3050 emplois ont été redirigés vers Francfort contre 1700 pour Paris. Et cette avance risque bien de se creuser davantage. UBS et Goldman Sachs, eux aussi, songent à déplacer leurs effectifs à Francfort, rapporte l'agence américaine.

1000 emplois

Une situation qui ne satisfait évidemment pas le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Ce dernier a reçu l'ensemble de la place parisienne lors d'une réunion lundi matin. Et selon les Échos; "les grands dirigeants du secteur se sont faits taper sur les doigts". C'est ce qu'assure en tout cas un participant de cette réunion au quotidien économique.

"Bruno Le Maire est allé se battre sur l'ISF, la taxe sur les salaires, les indemnités de licenciement, le régime des impatriés. Les Français demandent des comptes. Il faut des contreparties. Si l'on veut les réconcilier avec la finance, il faut qu'ils voient l'impact matériel de ces mesures sur l'économie", explique par ailleurs une source à Bercy aux Échos.

Pour le moment, les banques françaises se sont montrées très attentistes. Fin juillet, la Fédération bancaire française annonçait que ses membres pourraient rapatrier plus de 1.000 emplois. Mais seule Société Générale avait clairement indiqué qu'elle souhaitait relocaliser de l'ordre de 300 à 400 postes. Et, depuis, plus rien.

Un coût de relocalisation important

Bruno Le Maire grince d'autant plus des dents que les banques non françaises semblent s'activer davantage. La plus grosse annonce est ainsi venue en janvier de HSBC qui avait annoncé le rapatriement vers Paris de ses activités dans la banque d'investissement sur les marchés mondiaux. Le 27 septembre dernier, Bloomberg rapportait que Bank of America cherchait des bureaux dans la capitale et aurait jeté son dévolu pour louer un espace au 51 rue de la Boétie. Avec à la clef 300 emplois.

Des délocalisations qui risquent toutefois de coûter cher. Selon John Terry, un consultant de Pricewaterhousecoopers LLP interrogé par Bloomberg, les banques, pour inciter leurs employés à quitter Londres devraient n'avoir d'autres choix que de leurs offrir d'importants avantages (logement, prise en charge des écoles privées des enfants, etc…). Ce qui pourrait augmenter les coûts salariaux de 50%. La facture pourrait représenter jusqu'à 500 millions de dollars pour l'ensemble du secteur, indique Bloomberg.

J.M.