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Benoît Coeuré (BCE): "je n'ai pas d'inquiétude à long terme sur l'économie française"

Benoît Coeuré interviewé par Hedwige Chevrillon

Benoît Coeuré interviewé par Hedwige Chevrillon - -

Le membre français du directoire de la BCE est revenu, ce lundi 7 juillet, sur les mesures prises par la BCE. Il s'est également voulu rassurant sur l'état de l'économie européenne et française.

Mini-révolution au sein de la Banque centrale européenne. L'institution tiendra, à compter du 1er janvier, ses conférences mensuelles toutes les six semaines, et non plus tous les mois.

Ce lundi 7 juillet sur BFM Business, le membre français du directoire de la BCE, Benoît Coeuré a justifié cette décision. "Nous avons voulu desserrer ce rythme parce qu'il n y'a pas forcément des informations importantes sur la zone euro en quatre semaines", a-t-il expliqué.

"La BCE ne veut pas être dans une relation avec les marchés où à chaque fois que nous nous réunissons il y a des attentes et une forme de pression pour faire des choses nouvelles", a-t-il ajouté.

Des effets collatéraux sur les marchés

Interrogé ensuite sur les craintes de la présidente de la Fed, Janet Yellen, de risques de bulles sur les marchés, il a affirmé: "nous suivons ce sujet avec attention, mais je ne dirais pas que cela nous inquiète".

"La croissance étant très faible, il est clair que les conditions monétaires très accommodantes vont être nécessaires pendant encore assez longtemps. On sait qu'il peut y avoir des effets induits, des effets collatéraux sur les marchés financiers, des bulles sur les prix des actifs", a-t-il développé.

Mais Benoît Coeuré a bien précisé que "l'instrument adapté pour réagir aux bulles sur les prix des actifs, ce n'est pas la politique monétaire, c'est d'abord des instruments macroprudentiels, c'est-à-dire faire en sorte que les banques soient plus attentives aux risques qu'elles prennent".

Pas inquiet pour l'économie française

S'exprimant ensuite sur la conjoncture, Benoît Coeuré, a estimé qu'il n'y a pas "de raison de s'inquiéter plus de la croissance" en zone euro car "toutes les raisons de penser qu'[elle] va accélérer sont encore là".

Son constat est d'ailleurs le même pour la France. Benoît Coeuré a ainsi affirmé "ne pas avoir d'inquiétude à long terme sur l'économie française". Interrogé sur un éventuel décrochage par rapport à l'Allemagne, il a affirmé qu'à long terme "on observe toujours sur la longue période un phénomène de rattrapage et de ciseaux entre l'économie française et sa voisine. On est aujourd'hui sur une période où l'Allemagne est très en avance de la France. Cela se corrigera".

J.M.