BFM Business

Banques européennes: les tests de résistance rassurent peu la Bourse

Les banques européennes souffraient en Bourse ce lundi après l'annonce vendredi des résultats de stress tests qui, sans être catastrophiques, ne lèvent pas tous les doutes. Les établissements français s'en sortent néanmoins bien.

Les marchés sont sceptiques. Ce lundi 1er août, l'indice Eurostoxx 600 des banques européennes se repliait de 1,6% vers 15h00. Une baisse qui montre que les investisseurs n'ont pas été complètement rassurés par les résultats des "stress tests" menés sur les banques européennes et publiés vendredi dernier par l'autorité bancaire européenne (EBA).

Ces tests de résistance, véritable séances de torture pour les établissements, consistent à simuler des conditions extrêmes pour les banques et voir ensuite si leur niveau de capital rapporté aux risques est suffisant. Différents scénarios sur la période 2016-2018, plus ou moins violents, ont ainsi été appliqués à 51 banques du Vieux Continent.

Les banques françaises dans le haut du panier

Le bilan dans l'ensemble n'est pas catastrophique. "La majorité des banques européennes ont des niveaux de capital robustes dans le scénario adverse (le moins favorable, ndlr)", estime ainsi Katharina Barten, vice-présidente chez Moody's.

Une grande partie des banques européennes ont donc passé sans encombre ces séances de "torture". Et les banques tricolores se situent plutôt dans le haut du pavé. "Les six banques testées, qui représentent 90% des actifs bancaires en France, font preuve de résilience dans le scénario adverse", poursuit Katharina Barten. Aucune d'entre elles n'a ainsi vu son ratio de capital passer sous le niveau minimum de 4,5%. "La solidité des banques françaises et la pertinence de leur modèle de banque universelle sont une nouvelle fois confirmées", s'est ainsi félicité la Fédération bancaire française dans un communiqué.

Quelques mauvaises performances

Néanmoins si l'image globale est plutôt bonne, les investisseurs semblent se focaliser sur les détails. Ainsi, Société générale perdait plus de 4% en Bourse ce lundi. La banque tricolore affichait un ratio de capital de 7,5% dans le scénario le plus dur, le 9e chiffre le plus faible parmi les 51 banques.

Par ailleurs 14 banques sur 51 testées subiraient un "impact fort" avec ce scénario (leur ratio de capital chuterait de plus de 5%), note Katharina Barten. Parmi elles figurent des poids lourds comme les allemandes Deutsche Bank, Commerzbank ou encore la britannique Royal Bank of Scotland. Et que dire de l'italienne Monte Paschi di Siena, plus vieille banque au monde et éternelle source d'inquiétude du gouvernement italien, qui verrait même ses fonds propres devenir négatifs (-2,23%)? Cette contre-performance l'a notamment contraint à annoncer une augmentation de capital allant jusqu'à 5 milliards d'euros.

"Le problème avec ces stress tests est qu'ils sont trop doux, ne tablant que sur une récession douce ou modérée. Ce qui signifie que les résultats ne révèlent finalement pas grand-chose, et que ce n'est pas une surprise que la majorité des banques aient réussi ces tests", conclut Peter Garnry, analyste chez Saxo Banque cité par Bloomberg.