BFM Business

Avis de tempête sur BPCE

Deux candidats se verraient bien prendre la place de François Pérol à la tête de BPCE

Deux candidats se verraient bien prendre la place de François Pérol à la tête de BPCE - Eric Piermont

Le groupe bancaire, qui a publié ses résultats ce jeudi 19 février, fait face à un contexte de plus en plus tendu. La succession de son patron François Pérol s'active en coulisse et les syndicats menacent d'une grève sans précédent.

Une période délicate s'annonce pour BPCE (Banque Populaire Caisses d'Epargne). Le groupe bancaire mutualiste a publié ce jeudi 19 février ses résultats, avec un bénéfice net en hausse de 4,4% à 2,9 milliards d'euros, grâce notamment à une baisse du coût du risque (le montant des provisions mises de côté pour faire face aux crédits douteux). Sa filiale, Natixis, a elle dégagé un bénéfice de 1,13 milliard d'euros, en hausse de 17%.

Mais au-delà de ces résultats, la banque fait face à un climat de plus en plus tendu. Le président du directoire, François Pérol, a été renvoyé en correctionnelle le 5 février dernier pour prise illégale d'intérêts. Cette vieille affaire liée à sa nomination à la tête du groupe en 2009, commence à déstabiliser en interne. Dans l'entourage du patron de BPCE, on assure que tout le monde est soudés derrière François Pérol, et on rappelle que le conseil de surveillance l'a unanimement soutenu.

Les syndicats promettent une mobilisation sans précédent

Seulement voilà, ce soutien a été apporté il y a un an, lorsque François Pérol n'était alors que mis en examen. Depuis, son renvoi en correctionnelle a eu de quoi réveiller les ambitions. Deux candidats se verraient bien prendre sa place et commencent discrètement à chercher des appuis, nous explique-t-on en interne.

En clair, en coulisse, l'union sacrée autour de François Pérol commence visiblement à se déliter. D'autant plus gênant que cette rupture arrive alors que l'ensemble des syndicats du groupe viennent de monter au créneau pour dénoncer la gestion désastreuse du personnel ainsi que le contexte déplorable. Les syndicats promettent ainsi une mobilisation des salariés sans précédent. "Il n'y a aucune tentative de déstabilisation", nous dit l'un des membres du conseil de surveillance de BPCE. Reste à savoir jusqu'à quand…

Caroline Morisseau