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80% des embauches se font en CDD

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Plus de 80% des nouvelles embauches se font sous forme de CDD, c'est-à-dire de contrats à durée déterminée. Et ce qui est encore plus spectaculaire est que le nombre de contrats de moins d’un moins a doublé en 10 ans passant de 1,8 millions en 2003 à 3,7 millions en 2013.

En effet, les nouvelles embauches se font désormais sous forme de CDD à hauteur de 80%. Et 60% sont des CDD de moins d’un mois. Si la forme la plus générale de contrat de travail reste le CDI qui représente 75% du stock d’emplois, en revanche à l’embauche les entreprises demandent à voir avant de confirmer leur intention d’embauche. Le CDD devient un sas à l’entrée sur le marché du travail, une sorte de période d’essai. Ce qui est spectaculaire, c’est que les entreprises les réduisent au strict minimum, à un mois, pour éviter d’entrer dans les méandres du Code du travail. Cette évolution est ancienne mais elle tend à s’étendre.

Comment interpréter cette évolution ?

Trois éléments jouent pour expliquer ce qui se passe : le premier est l’absence de lisibilité de l’avenir pour beaucoup d’entreprises. Elles ne savent plus de quoi demain sera fait, sur le plan fiscal de plus en plus, mais aussi sur le plan des débouchés car les carnets de commande sont à des niveaux très bas, et sur le plan des stocks dont elles avaient accepté l’augmentation et qui commencent à devenir inquiétants.

Le deuxième est l’absence de lisibilité des compétences des nouveaux entrants sur le marché du travail. Comme le système scolaire est peu sélectif, personne ne sait exactement quelles sont les compétences de ces nouveaux entrants. Les économistes parlent à ce sujet de plus en plus d’un problème d’éducation et moins d’un problème de formation. Il y a en effet des problèmes de savoir faire mais aussi de capacité à accepter la discipline de travail en entreprise. Le troisième élément est la peur de se retrouver piégé dans un code du travail complexe et un contentieux de plus en plus onéreux.

Comment remédier à cette situation ?

Il faut d’abord rétablir un climat de confiance dans le pays. Une politique économique claire, le sentiment que le capitaine sait où il va est fondamental. On parle de la reprise de la croissance au Royaume-Uni. Une des raisons de ce succès est la détermination tranquille du gouvernement et notamment du chancelier de l’échiquier, George Osborne, qui donne aux entreprises un cadre clair à moyen terme. Ensuite, il faut flexibiliser le marché du travail. On voit bien que la sécurité de ceux qui ont un emploi se paie en insécurité forte des autres. Enfin, il faut rétablir un système éducatif au service de la population et non pas de mirages sur la distribution sans contrôle des diplômes.

Jean-Marc Daniel