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En matière de licornes, la France fait-elle mieux que ses voisins européens?

Avec 26 startup valorisées à plus d’un milliard d’euros, la France a désormais dépassé l’objectif fixé initialement par Emmanuel Macron pour 2025. De quoi en faire le leader européen?

La France est bien en train de devenir cette "startup nation", espérée par certains, critiquée par d'autres. En un an, le nombre de licornes (startup valorisées à plus d'un milliard de dollars) a explosé dans le pays. Depuis le début de l'année, 5 entreprises sont venues s'ajouter à la liste qui compte désormais 26 licornes.

Comment se situe la France sur ce plan face à ses concurrents? Inutile de la comparer aux deux géants du numérique, les Etats-Unis ou la Chine qui en comptent des dizaines avec parfois des valorisations à deux ou trois chiffres comme SpaceX.

Qu'en est-il en Europe? Sur ce plan, la France a deux concurrents sérieux: l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Une décacorne allemande

Face aux premier, l'hexagone a rattrapé son retard. On compte actuellement 25 licornes allemandes parmi lesquelles quelques grands noms comme Trade Republic, N26 ou Gorillas.

En réalité, l'Allemagne a encore un peu d'avance puisqu'elle compte au moins une décacorne (startup valorisée à plus de 10 milliards de dollars, un animal rare en Europe et encore inexistant France), baptisée Celonis qui détecte les problèmes dans les chaînes de traitement, via l'intelligence artificielle.

Au moins deux autre startup allemandes affichent une valorisation supérieure à Back Market, la plus grosse licorne française (5,1 milliards d'euros): N26 (7,8 milliards d'euros) et Personio (5,5 milliards d'euros). Au total, les startup allemandes ont levé 16,21 milliards d'euros contre 11,57 milliards pour la France, selon le bilan annuel du cabinet EY.

Surtout, l'Allemagne a déjà placé certaines de ses licornes en Bourse comme Zalando, BioNTech ou Curevac.

Le Royaume-Uni garde ses distances

Mais face au Royaume-Uni, le décalage est encore important. Au total, les startup britanniques ont levé 32,36 milliards d'euros e 2021, avec près de deux fois plus d'opérations qu'en France. Selon le cabinet Beauhurst, le Royaume-Uni compte 37 licornes avec quelques valorisations vertigineuses. La fintech Checkout.com, spécialisée dans les services de paiement, a réalisé la semaine dernière une levée de fonds d'un milliard de dollars et sa valorisation atteint désormais 40 milliards de dollars.

Parmi les pépites les plus célèbres outre-Manche: la néobanque Revolut (33 milliards) ou la fintech SumUp (1,4 milliard).

Là aussi, on compte quelques passages du statut de licorne à la Bourse plutôt difficile comme Deliveroo dont le cours est en chute libre depuis la fin de l'année dernière ou Just Eat qui ne fait guère mieux.

Reste encore les pays du nord de l'Europe. S'ils ne comptent pas une myriade de licornes, ils sont à l'origine des startup parmi les plus puissantes du continent en 2021: Klarna, une fintech suédoise valorisée 45,6 milliards de dollars ou encore sa compatriote Northvolt, valorisée à 12 milliards de dollars.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business