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En 2019, hôtels et campings de France ont battu un nouveau record de fréquentation grâce aux Français

Les hôtels ont vu leur fréquentation augmenter grâce à la clientèle intérieure

Les hôtels ont vu leur fréquentation augmenter grâce à la clientèle intérieure - PATRICK KOVARIK - AFP

442 millions de nuitées ont été enregistrées dans les hébergements touristiques français l'an passé. Les touristes étrangers ont été moins nombreux, mais cette baisse a été compensée par la clientèle française, sur laquelle il faudra sans doute compter pour sauver le secteur en 2020.

Avant une année qui s’annonce extrêmement compliquée pour le secteur en raison de la crise sanitaire, les hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine ont enregistré une hausse de leur fréquentation de 1,3% en 2019, selon l'Insee. Au total, un nombre record de 442 millions de nuitées ont été recensées, soit six millions de plus qu’en 2018. 

Signe encourageant: cette croissance est portée par la clientèle française (+2,4%) sur laquelle il faudra sans doute compter cette année pour limiter la casse dans les hébergements touristiques. En revanche, la fréquentation des touristes étrangers est en recul de 1,1% en 2019. Une baisse qui s'explique essentiellement par les mouvements sociaux, explique l’institut de la statistique.

En nombre de nuitées, la France reste donc le deuxième pays européen le plus touristique derrière l’Espagne (470 millions) et juste devant l’Allemagne (436 millions) qui chipe la troisième place à l’Italie (433 millions). "En Espagne, deux nuitées touristiques sur trois sont le fait de non-résidents. En Italie, la fréquentation est partagée à parts égales entre les clientèles résidente et non résidente. Le poids des non-résidents est nettement plus faible en France métropolitaine (31 % des nuitées touristiques) et en Allemagne (20 %)", note l’Insee.

Les Britanniques désertent les hôtels français

Malgré la concurrence féroce des plateformes de locations d’hébergements entre particuliers, l’hôtellerie enregistre une croissance de 0,8% en nombre de nuitées en 2019, là-encore grâce à la clientèle intérieure (+2,6) alors que les touristes étrangers semblent bouder les hôtels de l’Hexagone (-2,3%). En particulier les Britanniques dont la fréquentation a chuté de 10,6% et atteint son plus bas niveau depuis 2011.

Les touristes venus de Chine et du Proche et Moyen-Orient étaient aussi moins nombreux alors que ces deux clientèles progressaient dans les hôtels en 2018. En revanche, la fréquentation américaine a continué de croître. L’Ile-de-France qui représente un tiers des nuitées hôtelières a particulièrement été touchée par la désaffection des touristes étrangers (-3,1% de nuitées) qui n’a pu être suffisamment compensée par la hausse de la fréquentation des résidents (+2,5%).

Hausse de 3% en Paca

L’année 2019 reste néanmoins bien meilleure que les années 2011-2017 pour les hôtels franciliens qui avaient par ailleurs connu une très bonne année en 2018. Avec l’Ile-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté (-0,3%) et la Corse (-2,6%) ont été les deux autres régions à voir leur nombre de nuitées diminuer. La Corse est d’ailleurs la seule à voir la fréquentation des résidents baisser.

Toutes les autres régions ont bénéficié d’une hausse de la fréquentation hôtelière par rapport à 2018, clientèle résidente et non résidente confondues. A commencer par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (+3%). L’Auvergne-Rhône Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, la Normandie, la Bretagne et le Centre-Val de Loire ont pour leur part connu une progression du nombre de nuitées hôtelières comprise entre +1,5% et +2,1%.

Elle est plus modérée dans le Grand Est, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et l’Occitanie. La majorité de ces régions ont néanmoins accusé un repli ou une stagnation de la fréquentation des non résidents, à l’exception de la région PACA (+1,3%), de la Normandie (+1,2%) et de l’Auvergne-Rhône-Alpes (+0,6%).

Les campings sur leur lancée 

L’augmentation de la fréquentation dans les campings est plus nette (+2,9%) que celle observée dans les hôtels. 129 millions de nuitées ont ainsi été enregistrées dans les hébergements de plein air en 2019. Le nombre de touristes résidents (+3,7%) comme non résidents (+1,1%) a augmenté. La clientèle intérieure reste toutefois bien plus présente dans les campings où elle pèse 69% des nuitées. A noter que les emplacements équipés sont de plus en plus prisés (55% des nuitées, +7%), contrairement aux emplacements nus qui perdent du terrain. 

Du côté des touristes étrangers, les Pays-Bas reste le premier pays de provenance dans les campings français (12,8 millions de nuitées) malgré une baisse de la fréquentation néerlandaise de 3%. Le recul est encore plus marqué pour la clientèle britannique (-4,8%), à l'inverse des touristes belges et allemands qui sont venus plus nombreux. 

Les campings situés dans les régions du Nord ou de l’Ouest ont su tirer profit des fortes chaleurs de l’été 2019 avec une augmentation du nombre de nuitées de 18,2% dans les Hauts-de-France, 12,1% en Normandie, 6% en Centre-Val de Loire et 4,9% en Bourgogne-Franche-Comté. Les campings du Grand Est (-0,3%), de Provence-Alpes Côte d’Azur (-1%) et de Corse (-6,9%) ont à l’inverse vu leur activité décroître. 

Percée du haut de gamme

Il est également intéressant de constater la montée en puissance des établissements haut de gamme dont le nombre de nuitées a progressé de 3,5% pour les hôtels 4 étoiles et de 5,7% pour les 5 étoiles quand celui des hôtels 1 (-15,2%) et 2 étoiles (-4,1%) chute. La progression dans les 3 étoiles est quant à elle de +1,4%. Même constat pour les campings avec une progression de 2,3% et 3,1% pour les 4 et 5 étoiles tandis que les campings non classés, 1 et 2 étoiles continuent de perdre à la fois des emplacements et des nuitées. 

Enfin, le bilan des hébergements collectifs touristiques est contrasté. D'un côté, les résidences de tourisme et hôtelières qui représentent les trois quarts de la fréquentation de ce type d’hébergements ont vu le nombre de nuitées baisser de 0,6%. De l’autre, les villages-vacances, les maisons familiales ou les auberges de jeunesses ont progressé de 3,5%.

Paul Louis