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Volot (Medef): "la CGT Goodyear a ses torts mais on peut la comprendre"

Jean-Claude Volot regrette "l'impact au plan mondial de ces comportements abusifs".

Jean-Claude Volot regrette "l'impact au plan mondial de ces comportements abusifs". - -

Au lendemain de la libération des deux cadres séquestrés à l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, le vice-président du Medef s'indigne des méthodes de la CGT tout en dénonçant la responsabilité des dirigeants.

L'affaire Goodyear interpelle le patronat français. La séquestration de deux cadres dirigeants de l'usine d'Amiens-Nord, intervenue entre lundi 6 et mardi 7 janvier, reste en travers de la gorge des représentants du Medef. Jean-Claude Volot, le vice-président du Medef, s'est inquiété, ce mercredi 8 janvier sur BFMBusiness, que l'image de la France à l'internationale puisse être écornée par ce type d'évènement.

En France, "un salarié sur deux dans le privé travaille pour une entreprise internationalisée, qu'elle soit française ou étrangère", a souligné l'ex-médiateur inter-entreprises. C'est dire "l'impact au plan mondial de ces comportements abusifs".

Le responsable patronat se garde pour autant d'attribuer la responsabilité de ce fiasco aux seuls salariés. "Les délégués CGT de Goodyear ont leur tort dans cette affaire, mais on peut les comprendre", a-t-il nuancé, "si le management de ce changement n'a pas été fait comme il le fallait".

"Des méthodes d'un autre âge"

"Il y a malheureusement beaucoup de fermetures d'usine, de restructuration qui se passent en France, dont on n'entend pas parler", indique Jean-Claude Volot. Pourquoi? "Parce qu'elles sont faites comme il le faut, avec des règles claires. Celles dont on entend parler sont celles qui n'ont pas été bien préparées".

Un peu plus tôt, dans la nuit de mardi à mercredi, dans les allées du CES, le grand show annuel de l'électronique, qui se tient du 7 au 10 janvier à Las Vegas, Pierre Gattaz s'est indigné, lui aussi, de ces "méthodes d'un autre âge, pas du XXIe siècle". "Les Américains m'en ont parlé, ce qui veut dire que ce genre d'évènement, cela fait très vite le tour du monde. C'est très embêtant", a regretté le président du Medef au micro de BFMBusiness.

Pierre Gattaz comprend lui aussi "la détresse de ces salariés qui vont perdre leur emploi". Mais les Français doivent comprendre que dans "le monde d'opportunités" dans lequel nous vivons aujourd'hui, la France a sa carte à jouer sur des "marchés colossaux", dans l'automobile, la santé et le tourisme notamment.

"Il faut continuer de travailler à l'adaptation permanente, de former nos salariés pour qu'ils aient moins peur de rebondir et de retrouver du travail", a ajouté Pierre Gattaz.

N.G. et BFM Business