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Un salarié peut-il insulter son patron dans un message WhatsApp?

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- - Jan Piersel - CC

La RATP a mis à pied un syndicaliste qui avait tenu des propos injurieux et insultant à l'égard d'un chef et des collègues dans un message WhatsApp. L'employé estime qu'il s'agissait d'un groupe de discussion privé, dans le cadre de la préparation d'une grève.

Tout salarié a une obligation de loyauté vis-à-vis de son employeur. S'il a le droit de penser ce qu'il veut de son patron, et s'en ouvrir auprès de ses proches, le dénigrer publiquement est considéré comme une faute et peut mener à des sanctions. C'est la situation dans laquelle se retrouve Alexis Louvet, un employé de la RATP travaillant dans le centre bus de Rives Nord (Saint-Denis). A la suite d'un conseil de discipline, il a été mis en disponibilité d'office sans traitement pour un mois. La RATP lui reproche un message vocal émis le 2 mars "injurieux et insultant" à l’égard du directeur du dépôt et de deux agents de maîtrise, relate le Parisien, et contraire au règlement intérieur de la régie.

L'inspection du travail demande plus d'informations 

Mais ces derniers ne faisaient pas partis du groupe de discussion WhatsApp dans lequel il a été diffusé. Pour Alexis Louvet, syndicaliste à la CGT, ce message est de nature privée, car il a été envoyé hors de son lieu de travail et sur ses heures de repos, à l'intention d'une centaine de collègues afin de préparer une grève.

Un argument contestable, aux yeux de Deborah David, associée au Cabinet Jeantet, non pas du fait du nombre de destinataires mais de leur nature. "S'il avait été envoyé à quelques collègues syndicalistes, cela aurait pu être considéré comme un message privé. Mais là, il s'agit d'une communication plus large, puisqu'il s'adresse à des salariés dans le cadre d'un mouvement social", explique l'avocate à la Cour contactée par BFMTV.

Alexis Louvet reconnaît quelques maladresses de sa part. "Il y avait la fatigue, la tension, expliquait-il début juin. Sur le fond, je ne retire rien. Mais la forme et les propos ne me ressemblaient pas", avoue-t-il auprès du quotidien. Le syndicaliste s’interroge sur la façon dont sa hiérarchie s’est procuré l’enregistrement et s'apprête à aller demander leur avis aux juridictions compétentes. L'inspection du travail a demandé des éléments d'information complémentaires.

Coralie Cathelinais