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Quand la galette des rois s'invite au boulot

Le pire avec cette pâtisserie à la frangipane, ce n'est pas qu'elle vient s'ajouter à l'excès de calories ingérées durant les fêtes. C'est le folklore qui entoure sa dégustation. Qui a envie de choisir un roi ou une reine parmi ses collègues?

Ce mercredi 6 janvier, on fête l'épiphanie. Beaucoup de salariés vont recevoir ce mail: "Je vous propose de nous retrouver à 13 heures en salle de réunion pour partager une galette." La dégustation de la galette des rois est un grand classique des pots au bureau, mais cet événement a un petit plus. Comme il a lieu en début d'année, c'est l'occasion idéale pour les managers de faire un point sur les objectifs de l'année à venir et de booster le moral des équipes.

Organiser une galette des rois est même conseillé par les coachs pour améliorer le bien-être au bureau. "Il suffit d’une galette des rois pour faire sourire tout le monde", explique l'un d'entre eux.

Un folklore embarrassant

Selon le rapport 2015 de TNS Sofres pour l’observatoire Bruneau de la vie des Français au bureau, 50% des salariés sont favorables à la dégustation de la galette sur leur lieu de travail. Ce qui veut aussi dire que pour un collègue sur deux, cette dégustation n'a rien à voir avec un moment de convivialité.

Plus qu'un trop plein de beurre et de sucre, c'est le folklore autour de la dégustation qui peut paraître indigeste. Quel que soit le service, il y a toujours un collègue très à cheval sur les traditions qui propose à la jeune recrue de se cacher sous la table pour faire la répartition des parts. Si c'est votre cas, ne vous pliez pas à l'exercice! La jeunesse n'est pas une raison pour vous faire faire n'importe quoi. Répondez "que vous n'avez pas 4 ans et lui non plus, une distribution classique suffira".

Des galettes détournées en CV 

Une fois que chacun a sa part en main, un autre problème pointe son nez : la fève. Chacun prie pour ne pas l’avoir afin de ne pas être obligé de porter cette ridicule couronne sur la tête. Et pour ajouter à la gêne ambiante, il y a toujours le lourd du service qui insiste pour que vous choisissiez un roi ou une reine. Un conseil: si vous n'avez pas de complice, optez pour un jeune collaborateur en disant que ça lui portera chance. Ce sera moins difficile à assumer que si vous mettez la couronne sur la tête de votre chef de service ou sur celle du responsable des ressources humaines.

Dernier conseil: soyez attentif aux galettes des rois qui vous sont offertes par des contacts extérieurs. Ce ne sont pas forcément des cadeaux désintéressés. Facebook et des agences de publicité ont déjà reçu des CV sur ces gâteaux à la frangipane, avec marqué sur la fève un lien menant aux coordonnées de l'envoyeur ou des mots glissés dans les boîtes.

Un candidat avait même eu une idée particulièrement originale avec cette proposition: "Je vous ai cuisiné une galette, imaginez ce qu’il peut y avoir sur vos bureaux à Pâques! Embauchez-moi". Le filon ne semble pas être porteur, à ce jour aucun CV n'a donné lieu à une embauche.

Laure Closier édité par C.C.