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Pourquoi si peu d'entreprises ont instauré l'indemnité kilométrique vélo

Les entreprises qui adoptent l'indemnité kilométrique vélo sont exonérées des cotisations sociales dans la limite de 200 euros par an et par salarié.

Les entreprises qui adoptent l'indemnité kilométrique vélo sont exonérées des cotisations sociales dans la limite de 200 euros par an et par salarié. - Pexels - CC

Voilà un an que le décret permettant aux employeurs d'indemniser les salariés qui se rendent au travail en vélo est paru. Mais seulement une cinquantaines d'entreprises l'ont adopté. En cause: un déficit de notoriété.

Venir au travail à vélo devrait rapporter aux salariés. Le 11 février 2016, un décret mettant en place une indemnité kilométrique vélo (IKW) est paru au journal officiel. Il fixe son montant à 25 centimes du kilomètre. Mais un an après, le nombre d'employeurs ayant adopté le dispositif reste confidentiel. 49 entreprises sont recensées par l'Observatoire de l'indemnité kilométrique vélo, soit 45.198 salariés pouvant prétendre à l'indemnisation de leur trajet à bicyclette. Ce chiffre serait néanmoins en dessous de la réalité. "L'observatoire est établi sur la base du déclaratif. Or il y a des entreprises qui ont adopté l'indemnisation et qui ne se sont pas fait connaître. On doit faire des relances", tient à préciser Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables et conseiller régional d'Ile-de-France (EELV). Mais pour lui, le taux d'adoption actuel n'a rien d'étonnant. "Le dispositif fiscal est facultatif, le temps de mise en route est en toute logique assez long."

Certaines entreprises reversent jusqu'à 1.500 euros par an

Les entreprises qui adoptent l'indemnité kilométrique vélo sont exonérées des cotisations sociales dans la limite de 200 euros par an et par salarié. Ce dernier n'a pas à payer d'impôt sur la somme perçue. Ce n'est donc pas un frein financier qui bloque l'adoption de cette mesure, surtout que plusieurs entreprises ont choisi de relever le plafond annuel, en versant jusqu'à 1.500 euros par an pour défrayer leurs salariés.

La faible mobilisation autour de cette mesure destinée à inciter les salariés à prendre leur vélo viendrait d'un défaut d'information. "Ce sont bien souvent les salariés qui font bouger les choses, en se mobilisant pour demander à leur direction d'adopter le défraiement pour les vélos", explique Pierre Serne. Les petites structures se sont montrées les plus réactives. "Les grandes entreprises doivent faire appel aux instances représentatives", souligne le président du Club des villes et territoires cyclables.

Bercy n'a pas envie d'inciter les employeurs à en profiter

Mais le temps fait son œuvre, et quelques entreprises dont l'effectif dépasse les 1.000 salariés ont instauré l'indemnité kilométrique. C'est le cas des voies navigables de France (4.500 salariés), Décathlon (18.000), EGIS et RTE (toutes les deux ont 8.500 employés). Des villes aussi l'adoptent, telle que La Rochelle (Charente-Maritime) et Orvault (Loire-Atlantique)

Mais pour que les entreprises passent massivement à l'IKW, il faudrait que les pouvoirs publics communiquent dessus. Or le ministère de l’Economie n'était pas favorable à cette mesure, en raison du manque à gagner induit par l’exemption de cotisations sociales. La mesure n'a pu passer que grâce à la persévérance de certains députés. "Le plus simple serait que lorsque Bercy envoie des communications fiscales aux entreprises, il y ajoute un rappel sur la possibilité de mettre en place l'indemnité kilométrique vélo. On ne désespère pas de l'obtenir", assure Pierre Serne.

Coralie Cathelinais