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Pourquoi les entreprises ont intérêt à miser sur la qualité de vie au bureau

Accorder plus d'autonomie aux salariés leur permet d'être plus engagés dans la réussite de l'entreprise mais aussi d'être plus créatifs.

Accorder plus d'autonomie aux salariés leur permet d'être plus engagés dans la réussite de l'entreprise mais aussi d'être plus créatifs. - unsplash - CC

Faire confiance à ses collaborateurs, donner un sens à leur travail et leur accorder plus d'autonomie est profitable à la compétitivité des entreprises, affirment dans une étude La Fabrique de l'industrie, Terra Nova et le réseau Anact-Aract. Mais en France, le contrôle exercé par la hiérarchie est encore trop présent.

Les chefs d'entreprise ne prennent pas toujours au sérieux le thème de la qualité de vie au travail (QVT) pensant à tort qu'il s'agit de développer le bien-être de leurs salariés en leur offrant des séances de massage ou bien en installant un potager sur le toit. Or la qualité de vie au travail, c'est aussi mettre en place une organisation où chacun se sent à sa place, favoriser le dialogue social, donner de l'autonomie, favoriser le relationnel et savoir reconnaître le travail effectué par ses collaborateurs. Autant d'axes qui permettent à l'entreprise de gagner en compétitivité car ils permettent de mobiliser pleinement le potentiel des employés et de l’organisation, affirment la Fabrique de l'industrie, Terra Nova et le réseau Anact-Aract dans une étude publiée le 11 octobre.

"Premièrement, la qualité de vie au travail facilite le recrutement des employés dans l’entreprise. Alors que l’industrie peine à recruter des collaborateurs, elle peut constituer un réel facteur d’attractivité, notamment auprès des jeunes, alors même que la notation des entreprises par leurs salariés tend à prendre de l’importance", mettent en avant les auteurs.

L'engagement, un facteur clé de la compétitivité

Mais c'est surtout en développant l'engagement des collaborateurs que les entreprises ont à y gagner. En leur offrant les moyens de faire bien leur travail et de donner le meilleur d'eux-mêmes, les entreprises vont voir reculer l'absentéisme, diminuer le stress, et voir leurs salariés faire preuve de plus d'initiatives … or la marge de progression est forte. En France, seulement 9% des salariés étaient "engagés" en 2013: c’est le score le plus bas parmi l’ensemble des salariés des pays européens interrogés. Plus d’un quart des salariés français seraient "activement désengagés", quand la moyenne mondiale est de 13 %.

Le think tank a auditionné 11 entreprises pour étudier leur manière de mettre en œuvre cette QVT. "Certains de nos interlocuteurs relèvent qu’il n’est pas possible de fournir des biens et services de qualité, d’apporter de la satisfaction aux clients, si une attention n’est pas portée à la qualité du travail et des conditions de travail des collaborateurs dans l’entreprise", expliquent les auteurs de l'étude.

La QVT devient un moyen d’accompagner une politique industrielle portant sur l'amélioration de la qualité des produits et services, l’élévation des compétences, du capital humain et des conditions de travail.

"Il s’agit donc de progresser pour celles des entreprises qui seraient engluées dans des modes de relations trop hiérarchiques, descendants, pauvres en échanges. Les entreprises françaises laissent encore trop peu de place au dialogue professionnel et au dialogue social", estime le think tank.

Des managers réticents à lâcher prise

L'un des leviers où il est urgent d'agir est l'autonomie accordée aux salariés. L'expérience montre qu'il est plus efficace de demander à la personne confrontée à un problème quelle solution elle voit pour le surmonter, que de demander à un ingénieur éloigné du terrain de trouver une solution. Mais cela demande quelques changements de mentalités puisque l’autonomie suppose la délégation, le dessaisissement d’une partie des prérogatives exercées par le management.

En France, les managers et dirigeants sont peu enclins à cette forme d'ouverture. "La distance hiérarchique est exceptionnellement forte, la confiance trop limitée et le contrôle par la hiérarchie pesant" regrettent les auteurs. Or "cette forme de management, qui est dommageable pour la performance dans des industries organisées de manière taylorienne, l'est encore plus quand la production monte en gamme". Pour conclure, l'entreprise qui veut être performante doit pouvoir compter sur des collaborateurs impliqués et qui savent se montrer créatifs pour améliorer sans cesse ses services et sa production.

C.C.