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Le lundi de Pentecôte, un jour férié pas tout à fait comme les autres

La majorité des salariés pourront profiter d'une grasse matinée lundi.

La majorité des salariés pourront profiter d'une grasse matinée lundi. - irina198-CC

A la veille du lundi de Pentecôte, nombre de salariés se demandent si ce jour est férié ou pas. Il l'est bien redevenu en 2008… mais pourtant un tiers des salariés vont aller quand même travailler. Explications.

Avec le calendrier particulièrement avantageux de cette année, les salariés ont pris goût aux ponts et aux semaines de travail raccourcies en ce mois de mai. Mais avec le lundi de Pentecôte, vont-ils profiter d'un week-end de trois jours? Chaque année la question se pose… et tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. La majorité des salariés pourront profiter d'une grasse matinée, tandis qu'un tiers devront aller travailler.

Pourquoi cette différence de traitement? Tout dépend de la décision prise par l'employeur concernant la journée de solidarité. Sa création remonte à 2004: cette année-là, le lundi de Pentecôte a perdu son statut de jour férié au profit d'une journée travaillée destinée à financer l'autonomie des personnes âgées et en situation de handicap. En effet, les salariés ne perçoivent aucune rémunération ce jour-là, et les entreprises reversent 0,3% de la masse salariale à la Caisse Nationale de Solidarité Autonomie qui gère la contribution de solidarité autonomie (CSA). Les revenus du capital, à l'exception de l'épargne populaire comme le livret A, sont également soumis à cette contribution à hauteur de 0,3%.

Mais en 2008, la réglementation change et rend au lundi de Pentecôte son statut de jour férié. Les employeurs privés et publics doivent alors choisir la manière dont leurs salariés vont contribuer à cette journée de solidarité de 7 heures (ou une durée proportionnelle à la durée de travail pour les salariés à temps partiel).

Bientôt une deuxième journée de solidarité?

Les entreprises peuvent décider que cette participation solidaire se déroulera un autre jour férié (à l'exception du 1er mai), soit retirer un jour de RTT, ou encore choisir de fractionner cette journée en demandant à leurs salariés de partir quelques minutes plus tard au cours de l'année. Certains employeurs ont même pris le parti d'offrir ce jour à leurs salariés, c’est-à-dire qu'elles verseront la cotisation sans demander à leurs équipes de travailler plus.

Et si jamais il est demandé aux salariés de venir travailler le lundi de Pentecôte, chacun a toujours la possibilité de poser un jour de congé ou de RTT. Grâce à cette liberté d'application, 7 salariés sur 10 ne vont pas travailler ce jour, selon une étude Randstad.

Selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, cette journée de solidarité devrait rapporter 2,42 milliards d'euros cette année. Soit un peu plus que l'année précédente, où elle avait permis de réunir 2,37 milliards, dont 1,42 milliard ont été versés aux personnes âgées et 946 millions aux personnes handicapées.

Face au vieillissement de la population, cette contribution reste insuffisante. L'hypothèse d'une deuxième journée de solidarité a récemment été évoquée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le président Emmanuel Macron comme piste parmi d'autres pour financer la prise en charge de la dépendance.

Coralie Cathelinais