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La présidentielle fait-elle baisser la productivité dans les entreprises?

Le cabinet Robert Half a interrogé 200 directeurs administratifs et financiers sur l'impact des élections sur leurs collaborateurs. Un tiers d'entre eux s'attendent à une diminution de la productivité dans les jours qui entourent le vote.

Alors que l'élection présidentielle apparaît des plus incertaines à deux jours du premier tour, il est difficile d'éviter le sujet sur son lieu de travail. D'autant que selon un sondage OpinionWay de 2011, 57% des salariés parlent politique avec leurs collègues au bureau.

Quelles peuvent être dès lors les répercussions sur le travail? Le cabinet Robert Half a posé la question à 200 directeurs administratifs et financiers (*). Et, sur ce panel, 37% d'entre eux disent s'attendre à une hausse des bavardages, et un tiers anticipent une diminution de la productivité dans les jours qui précèdent et suivent le vote.

Fait intéressant: la hausse des bavardages est plus forte dans le public que dans le secteur privé (11,5 points d'écart) ce que Robert Half explique par les réformes de la fonction publique envisagées par de nombreux candidats et qui font donc parler les fonctionnaires.

Source de tensions

Si les bavardages sont plus fréquents, logiquement les conflits potentiels se font plus nombreux. 20% des DAF interrogés s'attendent ainsi à une augmentation des désaccords sur le lieu de travail. "Les conversations politiques demeurent des sujets sensibles pouvant provoquer beaucoup de tensions pour les salariés les plus engagés, qui pourraient garder une rancoeur envers d’autres collègues", juge Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France.

Ce qui est d'autant plus vrai que, selon le sondage Opinionway de 2011, 60% des salariés estiment inacceptable qu'un collègue explique à un autre pourquoi il faut voter pour un candidat ou un parti plutôt qu'un autre.

Faire preuve de tolérance

À l'inverse, 16% des sondés considèrent aussi que ces échanges peuvent être l'occasion pour leurs salariés de renforcer leurs liens.

19% d'entre eux affirment par ailleurs que les discussions liées à la politique sont fortement déconseillées au bureau et 10% assurent que la majorité de leurs salariés ne suivront pas l'élection présidentielle et les législatives (ce qui paraît quand même surprenant).

"Il est important pour les employeurs d'examiner si les discussions politiques au travail ont un impact sur leurs collaborateurs. Les managers devraient rappeler à leurs équipes qu’elles doivent être respectueuses et tolérer les opinions des autres. Assurer un lieu de travail harmonieux permet aux entreprises de rester productives", conclut Olivier Gélys.

(*) Enquête réalisée par un institut de sondage indépendant (Market Probe) pour Robert Half en Janvier 2017 auprès de 200 DAF en France. Elle propose un aperçu du marché de l’emploi et de ses tendances. Le panel est composé de 109 hommes et 91 femmes principalement basés à Paris et en région parisienne. Majoritairement dans le secteur privé et en poste à égalité entre petites, moyennes et grandes entreprises

Julien Marion