BFM Business

Faut-il dire merci après une augmentation (même ridicule)?

Même si vous pensez mériter une augmentation individuelle de salaire, rien n’oblige votre employeur à le faire. Selon les experts en management, il faut certes remercier si vous en recevez une, mais surtout faire part de votre mécontentement si vous êtes déçu.

Vous l’attendez depuis des mois, si ce n’est des années, elle est enfin arrivée sur votre bulletin de paye. Elle, c'est votre augmentation de salaire. Malheureusement, une fois la joie passée, un rapide calcul vous permet très vite de vous rendre compte que celle-ci n’est pas du tout à la hauteur de vos espérances.

Mais qu’est-ce qu’une bonne augmentation individuelle? Nous avons posé la question à Fabrice Coudray, directeur de Robert Half France. Et sa réponse est claire: "On considère qu'une augmentation de salaire se situe entre 3 et 10% avec une bonne moyenne autour des 6/7%". Mais attention avant de hurler au scandale, tempère le chasseur de têtes. "Il faut absolument vous poser les bonnes questions pour mesurer votre déception". Et ces questions, elles sont au nombre de trois.

1-Quelle est votre valeur sur le marché? Si vous êtes déjà au-dessus, difficile d’attendre une augmentation conséquente. 

2-Êtes-vous performant? Avez-vous réalisé vos objectifs annuels? Les avez-vous dépassés? "Si c’est le cas, il n’est pas impossible de monter à 12%", selon l’expert.

3-Votre entreprise considère-t-elle que vous avez du potentiel?

Si vous répondez "Oui" à ces trois questions et que votre augmentation est ridicule, le spécialiste en management est clair: "Il est impératif d’aller voir ailleurs". 

Se confronter au marché du travail pour connaître sa valeur

Alors il est évident que beaucoup d’entre nous vont considérer que cette solution, "allez voir ailleurs" n’est en aucun cas satisfaisante et dans tous les cas beaucoup trop simpliste. Le marché des cadres évolue certes dans une situation de quasi plein emploi (autour de 5% de chômage), mais la question de la prise de risque individuelle doit être prise en compte.

Mais pour Fabrice Coudray "se confronter au marché pour connaître votre valeur est la meilleure solution pour gérer vos frustrations". D’ailleurs pour ce dernier, ce n’est pas parce que vous allez voir ailleurs que allez forcément partir. "On se rend parfois compte que la concurrence n’a rien à vous offrir de mieux", explique-t-il.

Dans d’autres cas, il faut savoir tirer sa révérence. N’oubliez pas que "certaines entreprises sont prêtes à laisser partir des collaborateurs car elles savent qu'elles ne peuvent pas les payer correctement", conclut le directeur de Robert Half.

Et dans tous les cas, faut-il dire merci? Remercier son patron pour une augmentation d’un montant très faible ne peut-il pas être pris pour de l’insolence? "Non", répond Fabrice Coudray. "Vous devez remercier dans tous les cas, par contre n’hésitez pas à être très clair sur ce que vous avez ressenti auprès de votre manager". 

En cas de frustration, sollicitez donc un rendez-vous avec votre manager et mettez carte sur table.

Laure Closier