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Comment travailler en famille sans finir par se taper dessus

83% des entreprises françaises sont familiales. Certaines sont même des empires. Quand papa est PDG, maman directrice financière et le frère aîné chargé de la R&D, comment trouver le bon équilibre pour développer la société?

Decaux, Bouygues, Bolloré… au départ ces groupes ont été créés par un chef de famille qui au fil des années et des générations a peu à peu étendu ses activités pour en faire des empires. Mais toutes les entreprises familiales n'atteignent pas cette taille. Selon PWC, 83 % des entreprises sont familiales en France, dont deux tiers sont des TPE. Cela fait des milliers de gens qui travaillent avec leur père, leur mère, leur fils... Inimaginable pour tous ceux qui ont du mal à passer 10 minutes dans la même pièce que leur frère.

Alors comment font-ils ? Quelques conseils issus de ceux qui réussissent:

> chez Bonduelle: il ne suffit pas de s'appeler Bonduelle pour rentrer dans l'entreprise spécialisée dans la transformation de légumes. Il y a des critères : un niveau universitaire minimum est requis tout comme la maitrise de langue étrangères et une expérience à l'étranger. "Et il y a comité de sélection qui fait un recrutement professionnel", explique Christophe Bonduelle, actuel DG de groupe qui a succédé à un "non familial".

> chez les Petithuguenin: Jean-Luc, le père, a repris en 1994 la société Paprec qui était alors une PME comptant une quarantaine d'employés, pour en faire un groupe comptant plus de 4.000 salariés à ce jour. Ses trois fils travaillent au sein du groupe de recyclage, mais auparavant ils ont fait leurs preuves à l'extérieur.

L'ainé, Sébastien, désormais DG est major de promo de Normal sup et diplômé de l'Ensae, a travaillé 4 ans en Angleterre. Le cadet Thibault Petithuguenin, est désormais à la communication. Ce n'est pas l'esprit de dynastie qui l'a guidé dans son choix mais bel est bien l'esprit de l'entreprise. "J'étais journaliste sportif, je me sentais spectateur, je voulais être utile j'ai rencontré des passionnés chez Paprec, j'ai eu envie de les suivre". Le dernier Mathieu, a travaillé pendant trois ans pour le groupe Qatar Sports Investments, avant d'occuper le poste d’adjoint au directeur délégué commercial France chez Paprec.

Si parfois cela se passe mal, ce n'est pas toujours de la faute du modèle familial. Par exemple, chez Lacoste: la succession a fini en clash, les héritiers ont fini par céder la marque au groupe suisse Maus. Mais cela n'a pas dégoûté deux des petits-enfants du fondateur du travail en famille. Ils ont repris ensemble le groupe textile Fusalp. "On se fait confiance entre nous", explique Sylvie et Philippe Lacoste.

Pour travailler en bonne intelligence en famille il faut respecter 3 principes:

1>tout membre de la famille n'est pas forcement bon à prendre

2> il faut que l'entreprise ait un sens pour ceux qui la rejoigne

3> la confiance est la clé au-delà du lien de sang

Laure Closier édité par C.C.