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Comment Novartis bouscule son organisation du travail pour rompre avec le "management infantilisant"

Les salariés du groupe pharmaceutique peuvent désormais télétravailler quand et où ils le souhaitent, sans avoir besoin d'obtenir l'accord de leur manager.

Travailler où ils veulent, quand ils veulent. C’est en substance le nouveau contrat proposé par Novartis à ses 110.000 salariés répartis dans 97 pays. Depuis le début de l’année, le groupe pharmaceutique opère sa révolution managériale en laissant le choix à ses collaborateurs de télétravailler à n’importe quel moment, partiellement ou non, et de n’importe quel endroit. Le tout en informant simplement son manager, sans que ce dernier n’ait à donner son accord.

Ce programme baptisé "Choice responsability" repose comme son nom l’indique sur "un choix en responsabilité du collaborateur", explique sur BFM Business Frédéric Collet, président de Novartis France. En revanche, le salarié devra discuter de ses envies avec son équipe pour qu’ils "définissent ensemble les conditions" de mise en œuvre du télétravail, a-t-il précisé.

"Réinventer la façon dont on travaille"

Ainsi, les collaborateurs de Novartis peuvent décider de changer de vie et de partir s’installer loin de l’entreprise tout en conservant leur emploi. Ils bénéficieront dès lors d'une prime de 425 euros pour s'équiper ainsi que d'une indemnité de télétravail de 360 euros par an. Même si dans les faits, cette possibilité s’adresse surtout aux salariés du siège, ceux exerçant sur les sites industriels étant évidemment moins à même de travailler depuis leur domicile.

"Ce qu’on observe dans le contexte d’aujourd’hui, c’est à quel point la science, la médecine, la technologie, sont en train d’être bouleversées. Novartis, dans ce cadre extrêmement bouillonnant et fructueux, s’est fixé une mission qui est de se dire: 'On va réinventer la médecine'. Et pour y parvenir, il faut probablement commencer par réinventer la façon dont on travaille", souligne Frédéric Collet.

"L'époque du management infantilisant est révolue"

Il assure que "ce n’est pas la crise sanitaire qui a déclenché cette réflexion". Il s’agit simplement selon lui de s’adapter à une nouvelle ère. "Dans l’environnement dans lequel nous sommes, peut-on continuer à travailler aujourd’hui avec la technologie et la science du XXIe siècle avec des principes managériaux qui datent du XXe siècle dans le meilleur des cas et quelques fois du XIXe siècle?", s’interroge-t-il.

Pour lui, le concept développé par Novartis repose "sur un principe qui est un vrai principe de considération des collaborateurs dans tout ce qu’ils sont". "Jusqu’à maintenant, on a quand même fonctionné dans des cadres extrêmement infantilisants", regrette-t-il. Et d’assurer que "l’époque du management infantilisant tel le qu’on l’a connu est révolue".

Le président de Novartis France insiste désormais sur la nécessité "d’écouter les attentes" des salariés, de savoir "comment il souhaitent travailler". A cet égard, le groupe pharmaceutique a également mis fin aux évaluations de fin d’année, lui préférant "un système de fixation d’objectifs par équipe, de fixation d’objectifs qui ne sont plus systématiquement annuels".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco