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Comment cacher un trou dans son CV?

Tout le monde n'a pas un parcours linéaire. Après une rupture conventionnelle, un ingénieur a entrepris un tour du monde… et depuis son retour il tarde à rebondir. Comment justifier cette interruption aux yeux d'un recruteur?

Certains font le choix de tout miser sur leur carrière. D'autres préfèrent profiter des opportunités de la vie. À l'exemple de cet ingénieur de 30 ans, qui a préféré quitter le poste qu'il occupait depuis 3 ans. Profitant des indemnités obtenues dans le cadre d'une rupture conventionnelle, il a décidé de faire un tour du monde qui a duré 18 mois.

Depuis son retour en France, il n'a qu'une envie: retrouver un job. Mais le marché du travail s'avère plus fermé qu'il ne pensait. Malgré ses nombreuses démarches, il n'a obtenu aucun entretien. Sa dernière expérience professionnelle remonte désormais à 3 ans… un trou dans son CV qui ne peut que faire tiquer les recruteurs. "C'est un cas très dur, le trou est extrêmement mal placé dans le CV et le candidat se retrouve face à un volume très important de concurrents qui eux n'ont pas pris du bon temps", analyse Fabrice Coudray, directeur chez Robert Half.

Rassurer le recruteur en donnant des contacts

Pour autant, cela ne sert à rien de chercher des astuces pour tenter de camoufler cette interruption, notamment en changeant la hiérarchie des informations en abandonnant l'ordre chronologique. "La seule chose à faire c'est de prendre les trois années d'expérience acquises dans son unique poste, de les détailler au maximum et de fournir une liste précise de contacts pouvant attester de la capacité à travailler et des compétences. Il faut fournir les noms et les téléphones", explique Fabrice Coudray. Il faut faire valider votre profil avant même l'entretien, alors que d'habitude, c'est la dernière étape avant le recrutement.

Lors de l'entretien il ne faut pas non plus se focaliser sur les expériences acquises lors de ce voyage, comme la pratique de plusieurs langues, les rencontres, l'ouverture d'esprit... Fabrice Coudray pense qu'il faut faire exactement le contraire: "Le côté 'j'ai grandi grâce à mon voyage', ça va à 20 ans. Là on fait face à une erreur stratégique de carrière".

Le recruteur le sait, il attend que le candidat soit d'accord avec lui. Il faut donc expliquer que cette interruption professionnelle est la conséquence d'une erreur de timing, d'une mauvaise évaluation de la difficulté du marché du travail au retour. Il faut convaincre le recruteur que cette erreur de stratégie ne remet pas en cause sa capacité de travail.

Laure Closier édité par C.C.