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Valls s'engage à ne pas toucher au contrat de travail

Manuel Valls a rencontré les syndicats dans le cadre de consultations sur l'emploi dans les TPE et PME

Manuel Valls a rencontré les syndicats dans le cadre de consultations sur l'emploi dans les TPE et PME - Bertrand Langlois - AFP

Le Premier ministre aurait décidé de ne pas prendre de mesures pour assouplir le contrat de travail, selon les syndicats qui l'ont rencontré ce lundi 1er juin.

Manuel Valls tente de rassurer les syndicats. Le Premier ministre s'est engagé à "ne pas toucher au contrat de travail", ont indiqué ce lundi 1er juin Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT), après avoir chacun rencontré le Premier ministre dans le cadre de consultations sur l'emploi dans les petites et moyennes entreprises (PME).

"Le Premier ministre a dit qu'on ne toucherait pas au contrat de travail et c'est une satisfaction pour la CFDT", a déclaré Laurent Berger dans la cour de Matignon.

Peu après, Philippe Martinez a confirmé que le Premier ministre "ne toucherait pas au contrat de travail à durée indéterminée dans sa forme actuelle, ce qui est plutôt une bonne nouvelle malgré les pressions du Medef".

Réduire les droits des travailleurs, un "non-sens"

Manuel Valls reçoit tour à tour l'ensemble des leaders syndicaux et patronaux lundi à propos de l'emploi dans les TPE et PME. Le gouvernement annoncera ses décisions sur le sujet lors d'un conseil restreint à l'Elysée le 9 juin. Le patronat réclame un assouplissement du contrat de travail, une mesure rejetée en bloc par les syndicats.

"Ce serait un non-sens de réduire les droits des travailleurs, parce qu'on leur ferait peser la responsabilité de la non-reprise en termes d'emploi", a argumenté Laurent Berger.

Concernant une autre revendication patronale, l'instauration d'un barème d'indemnités prud'homal en cas de licenciement d'un salarié, "ça nous paraît très difficile à mettre en place parce que ce n'est pas, de notre point de vue, constitutionnel", a-t-il estimé.

Mais, "à titre indicatif", la CFDT juge toutefois "intéressant" le barème, prévu dans la loi croissance et activité défendue par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron pour "permettre une meilleure conciliation".

De son côté, la CGT n'est "pas d'accord pour plafonner les indemnités". Pour Philippe Martinez, "c'est d'abord une mesure qui va favoriser les grands groupes" qui "sont souvent confrontés à des recours juridiques (...) pour des plans dits sociaux qui sont pas respectés".

Outre la question du contrat de travail, les pistes envisagées par le gouvernement pour favoriser l'emploi dans les TPE et PME "sont encore extrêmement floues", a indiqué Laurent Berger.

Selon lui, il pourrait y avoir des mesures "d'appui à plateforme RH" ou de "simplification autour peut-être des seuils fiscaux", mais "pour l'instant, ce ne sont que des pistes évoquées, je pense que ça s'affinera le 9 juin".

En attendant, "il faut que le patronat assume sa part de responsabilité" et qu'il "s'engage sur l'emploi", a-t-il lancé, rappelant que les entreprises avaient déjà obtenu "un certain nombre d'aides" dans le cadre du Pacte de responsabilité et de l'aide à l'apprentissage.

J.M. avec AFP