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Une prime pour les salariés d’entreprises bénéficiaires ?

1000 euros de prime aux salariés d'entreprises bénéficiaires... Une mesure inégalitaire, selon la CFDT...

1000 euros de prime aux salariés d'entreprises bénéficiaires... Une mesure inégalitaire, selon la CFDT... - -

Le ministre du Budget, François Baroin, évoque une prime d'au moins 1000 euros par salarié, à condition que l'entreprise fasse des bénéfices. Une mesure aux modalités d’application encore floues et qui inquiète patronat et PME... Et vous, qu’en pensez-vous ?

Et si les salariés aussi profitaient des bénéfices de leur entreprise ? C’est la nouvelle idée de François Baroin, le ministre du Budget : une prime d'au moins 1000 euros par salarié. Seule condition, que l'entreprise fasse des bénéfices et puisse verser des dividendes à ses actionnaires. Sans actionnaire donc, pas de prime.
Un dispositif encore à l'étude. Les entreprises pourraient être encouragées par des avantages fiscaux, à moins que la prime ne soit tout simplement obligatoire. Elle pourrait faire l'objet d'un projet de loi avant l'été, avant d'entrer en vigueur en automne.
Prudente, la ministre de l'Economie Christine Lagarde n'avance aucun montant pour la prime.

9 millions de salariés concernés

Qui serait concerné par cette mesure ? Elle pourrait concerner 9 millions de salariés, soit la moitié des actifs du privé. Mais les grands gagnants seraient surtout les actifs des grands groupes. Car en France ce sont surtout les grandes entreprises qui font des bénéfices. Et leurs salariés bénéficient déjà de plan d'intéressement ou de participation.
Pour la CFDT cette mesure est donc inégalitaire. Car la plupart des salariés des petites entreprises, eux, ne toucherait rien ; seule une PME sur 6 faisant des bénéfices.

Des modalités d'application encore très floues

Côté patronat, le Medef s'inquiète d'un chantier mené au pas de course par le gouvernement, et surtout des modalités d'application. Cette mesure sera-t-elle obligatoire ou seulement incitative avec à la clé des avantages fiscaux pour les entreprises, c'est encore très flou.
Mais le gouvernement est en train de plancher et pourrait déposer un projet de loi avant l'été.

« C’est pas réaliste, l’entreprise a besoin de souplesse »

Pour Jean-Eude Du Mesnil, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), cette mesure n'a aucun sens : « Ça veut dire que quand elles [les entreprises] font un euro de résultat, on va distribuer de manière autoritaire, 1000 euros de prime ? C’est pas réaliste ; l’entreprise a besoin de souplesse. Et on ne peut pas décider pour toutes les entreprises une mesure en fonction du CAC 40 que pointait du doigt monsieur Baroin en disant que les grands patrons avaient des rémunérations pharamineuses et que c’était pas le cas de leurs salariés. Ça ne concerne pas les PME ; je rappelle que la rémunération moyenne d’un chef de PME est de 4000 euros. Donc qu’on ne nous fasse pas la leçon ; ça n’a rien à voir. »

« Ça freinerait le développement de mon entreprise »

Vincent Gruau, président de Magencia, une entreprise de fabrication de mobilier de bureau, qui emploie 750 salariés, craint que cette mesure, si elle est adoptée, ait des conséquences néfastes pour son entreprise : « Aujourd’hui on est en phase de profitabilité ; si on m’imposait 1000 euros de prime par salarié, ça me ferait 750 000 euros à verser ; et si mon résultat est de 1 ou 2 millions, c’est autant d’argent que je n’ai pas disponible, non pas pour livrer des dividendes aux actionnaires, mais peut-être pour réinvestir et développer l’entreprise. Ça me freinerait dans mon développement. »

La Rédaction, avec Marie Régnier