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Une place en crèche contre un emploi

« Les mamans s’engagent à s’investir dans des démarches d’insertion professionnelle », explique la directrice d’une crèche à Argenteuil.

« Les mamans s’engagent à s’investir dans des démarches d’insertion professionnelle », explique la directrice d’une crèche à Argenteuil. - -

L'Institut d'Education et de Pratiques Citoyennes (IEPC), une association gérant 9 crèches en Ile-de-France, aide les mamans à retrouver un emploi. En échange d'une place pour leur enfant, les femmes sont coachées par une conseillère d'orientation. Et ça marche : dans une crèche à Argenteuil, 29 des 37 mamans au RSA, ont trouvé un emploi. Témoignages.

On prend votre enfant, si vous vous engagez à trouver un emploi. C’est le deal que propose aux mamans l’Institut d'Education et de Pratiques Citoyennes (IEPC), une association qui gère neuf crèches en Ile-de-France. Des crèches un peu particulières, donc. En échange d'une place en crèche pour leur enfant, les femmes sont coachées par une conseillère d'orientation : simulation d'entretien d'embauche, CV, suivi personnalisé... Et ça marche : l'année dernière, dans la crèche les Lucioles à Argenteuil, sur 37 mamans au RSA, 29 ont trouvé un emploi.

« Elles me motivent, c’est comme ma deuxième famille »

Une maman, qui elle, cherche encore. Le sourire aux lèvres, Nassima récupère sa fille Cyriane. Pour cette mère célibataire au chômage, une nouvelle vie commence : « ça fait du bien, j’ai l’impression de faire quelque chose, même si c’est rien du tout, mais au moins je suis obligée de me lever le matin pour ramener la petite ». Une place à la crèche, En contrepartie d'une formation en secrétariat. Mais pour la garder, Nassima doit désormais trouver un emploi. Christine Louiserre, la directrice : « Notre conseillère à l’emploi les reçoit, ensuite elles travaillent sur le CV, sur des recherches d’offres d’emploi, sur la présentation… ». Des conseils professionnels, mais aussi personnels : « Là moi je dis tout, explique Nassima, elles me motivent, c’est comme ma deuxième famille ». Et le travail, c'est ce qui lui manque pour se sentir autonome : « Je suis maman, c’est tout, je ne peux même pas vivre ma vie de femme ». Mais pas question de baisser les bras, son prochain entretien d’embauche est dans une semaine.

« Un suivi plus personnalisé, global »

Christine Louiserre, directrice de la crèche, explique comment cela fonctionne concrètement : « Leur engagement en venant déposer leur enfant dans cette crèche, c’est de s’investir dans des démarches d’insertion professionnelle. Le suivi est plus personnalisé, il y a vraiment quelque chose de plus global. Même au niveau de l’équipe qui encadre l’enfant, il y a un soutien. Quand elles reviennent et qu’elles sont contentes, on partage leur joie parce qu’elles ont décroché un entretien ou un emploi. Et pour l’enfant, ça sera toujours pour améliorer ses conditions de vie, donc c’est aussi pour lui que maman va au travail ».

Un plan-crèche « ambitieux » en avril|||

Ce vendredi, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé que le gouvernement allait présenter un plan crèche « ambitieux » en avril. Et « faire en sorte que les salariés féminins comme masculins puissent le mieux possible articuler leur vie personnelle et leur vie professionnelle », passe « par le développement des modes de garde », estime la ministre des Droits des femmes.

J.V. avec Pauline Baduel