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Un quart des directeurs des achats confronté à la corruption

La corruption à l'ancienne, sous la forme d'enveloppes de billets, existe toujours.

La corruption à l'ancienne, sous la forme d'enveloppes de billets, existe toujours. - Philippe Huguen - AFP

Les entreprises françaises subissent des tentatives de corruption en majorité par des fournisseurs français puis européens, révèle une étude du cabinet de conseil AgileBuyer. L'immobilier est l'un des secteurs les plus touchés.

La corruption serait-elle en train de gangrener les entreprises françaises? Il semblerait en tout cas qu'elle gagne du terrain, d'après une étude du cabinet de conseil AgileBuyer dévoilée ce lundi 5 janvier. Un directeur des achats français sur quatre avoue avoir déjà subi des tentatives de corruption.

Car dans les grandes entreprises, le plus touché par ces malversations est évidemment le directeur des achats car il brasse des sommes importantes. Elles peuvent atteindre 40 à 80% du chiffre d'affaires. Avec une précision tout de même, cette étude relève les tentatives de corruption, non pas la corruption active.

"En période de crise, la réduction des coûts reste la priorité pour 77% des services achats. Dans ce contexte de concurrence accrue, les fournisseurs qui ont les mauvais produits ou sont mal placés sur les prix peuvent être tentés de franchir la ligne jaune", observe au Figaro Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer.

Les fournisseurs français sont les plus "agressifs"

Evidemment, ces opérations de "dessous-de-table" passent par différentes formes. Le simple cadeau, tel que des clés USB ou des calendriers, peut être toléré par les entreprises à condition que le prix ne dépasse pas un certain montant défini par des chartes déontologiques et que le logo soit visible. Les places de concerts ou des restaurants, bien que monnaies courantes, sont déjà plus problématiques. Mais surtout, la corruption à l'ancienne, comme des enveloppes de billets, existe toujours.

Les secteurs les plus sensibles sont l'immobilier et l'industrie du bois-papier. En revanche, l'agroalimentaire et l'hôtellerie apparaissent comme les moins touchés.

L'étude montre également que les entreprises françaises subissent des tentatives de corruption, en majorité, par des fournisseurs français (36%) et européens (19%), puis asiatiques (16%).

Malgré ces chiffres impressionnants des tentatives de corruption, l'étude souligne tout de même que les entreprises ne restent pas les bras croisés. Outre les chartes de déontologie très souvent mises en place, elles développent aussi des départements de compliance (service de conformité).

D. L.