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Un maître-chien mis à pied par son employeur par SMS?

L'employeur explique avoir d'abord averti son salarié par téléphone

L'employeur explique avoir d'abord averti son salarié par téléphone - Frank Spin - Wikimedia Commons - CC

Employé par une société de gardiennage, cet homme de 38 ans a déposé une plainte aux prud'hommes. Sa version des faits est toutefois contestée par son employeur.

Un maître-chien employé par une société de gardiennage sur un campus universitaire à Reims a été mis à pied en vue de son licenciement par SMS. C'est ce qu'a indiqué son avocat ce lundi 12 septembre.

Mercredi, un SMS est parvenu à cet employé de 38 ans, embauché en janvier: "Nous vous confirmons votre mise à pied conservatoire à compter de ce jour, cordialement", a rapporté son conseil, maître Emmanuel Ludot, à l'AFP, confirmant une information de RTL.

"On est dans une époque où on veut simplifier les procédures et le code du travail, mais quand même...", a ironisé maître Ludot, qui a engagé des poursuites devant les prud'hommes de Reims afin de faire annuler la mise à pied, récupérer les jours de salaire perdus et obtenir des dommages et intérêts.

Un turn-over important

Selon l'avocat, la société est connue pour sa pratique d'un turn-over important, s'appuyant sur des licenciements sans réels motifs afin de rajeunir régulièrement l'effectif et ainsi diminuer le volume des salaires.

Son employeur a pris prétexte de son désir d'échanger un jour de repos avec un collègue pour le licencier, affirme ce salarié à l'AFP. "J'ai de l'expérience et dans ma carrière je n'avais jamais vécu ça", témoigne-t-il.

"Nous lui avons téléphoné pour lui dire qu'il était mis à pied, et devant son intention de tout de même venir travailler sans l'existence de confirmation écrite, je lui ai envoyé le SMS", se défend François Paroche, de la société DGSA International, son employeur. La version est contestée par le salarié.

Selon François Paroche, le salarié n'effectuait pas assez de rondes et avait confié des clés à une personne extérieure à la société, justifiant un entretien préalable à licenciement pour faute lourde pour lequel une convocation lui a été adressée trois jours après ce SMS.

En droit du travail, une mise à pied à titre conservatoire est à durée indéterminée mais doit se solder par une procédure de licenciement.

"Si cette société était aussi irréprochable, pourquoi y a-t-il des recours aux prud'hommes tous les six mois?", a fait valoir l'employé.

J.M avec AFP