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Travail du dimanche: le patronat fait des concessions

Les syndicats du commerce estiment que les concession de l'Union des grands commerces de centre-ville ne vont pas assez loin.

Les syndicats du commerce estiment que les concession de l'Union des grands commerces de centre-ville ne vont pas assez loin. - Mychele Daniau - AFP

L'Union des grands commerces de centre-ville a fait un pas vers les syndicats en acceptant une majoration de tous les dimanches travaillés au lieu d'une majoration dégressive. Mais ils ne semblent pas convaincus.

Les syndicats du commerce ont jusqu'au 23 décembre pour se prononcer sur un nouveau projet d'accord dans le cadre des négociations sur le travail dominical menées au niveau de la branche, après les dernières propositions du patronat (UCV), a-t-on appris lundi de sources concordantes.

L'Union des grands commerces de centre-ville (UCV) a revu à la hausse ses propositions en matière de contreparties salariales, portant à 100 % la majoration de tous les dimanches travaillés, au lieu de la majoration dégressive avancée initialement.

Lundi, à l'occasion d'une réunion avec les syndicats CFTC, CFE-CGC, CFDT, FO et CGT, l'organisation patronale a finalement accepté l'attribution d'un repos compensateur pour cinq dimanches. Il a aussi été décidé un plafond de 15 dimanches travaillés par an.

Les parties négocient depuis juin sur les contreparties au travail dominical dans le cadre des ouvertures permises par la loi Macron (jusqu'à 52 dimanches par an dans les zones commerciales et touristiques, et jusqu'à minuit tous les jours dans les zones touristiques internationales). La loi a aussi étendu à 12 le nombre de "dimanches du maire" (majorés à 100% avec repos compensateur systématique).

Le patronat ne prend "aucun engagement"

Les dernières propositions sont "en dessous (des conditions fixées) pour les dimanches du maire", a déploré la CGT. Jusqu'à présent, les négociations ont toujours achoppé sur les contreparties salariales, les repos compensateurs et la prise en compte des démonstrateurs (salariés des marques) et autres personnels extérieurs (sécurité, nettoyage).

Sur ces derniers, Claude Boulle, président de l'UCV, a dit : "juridiquement nous ne pouvons pas prendre de dispositions pour eux. En revanche, ce que nous pouvons faire c'est encourager fortement nos partenaires commerciaux de telle sorte qu'ils proposent des contreparties similaires aux nôtres".

Pour la CGT, le patronat ne prend "aucun engagement" avec les démonstrateurs qui "représentent jusqu'à 80% du personnel aux Galeries Lafayette". De son côté, la CFE-CGC s'est félicitée que l'UCV ait "retenu" la proposition de "15 dimanches" maximum par an.

L'UCV fait par ailleurs valoir que l'ouverture dominicale aboutirait à la création de 1.200 postes par les grands magasins. Un nombre similaire d'embauches pourrait être effectué par les "partenaires commerciaux" selon l'UCV. "La moitié de ces embauches seront en contrat à durée déterminée (CDD)", a observé Céline Carlen (CGT). De plus, "ces emplois ne sont pas des équivalents temps plein (ETP)", a-t-elle souligné.

N.G. avec AFP