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Travail dominical: vers des contrats de week-end aux Galeries Lafayette

L'enseigne a conclu le 20 mai 2016 avec la CFE-CGC et la CFTC un accord sur le travail dominical pour ouvrir tous les dimanches son magasin amiral.

L'enseigne a conclu le 20 mai 2016 avec la CFE-CGC et la CFTC un accord sur le travail dominical pour ouvrir tous les dimanches son magasin amiral. - Adrien Morlent-AFP

En vue d'ouvrir le dimanche en 2017, le grand magasin parisien prévoit des contrats de fin de semaine sur 3 jours, payés 28 heures pour 21 travaillées. Un type de contrat déjà utilisé dans l'industrie notamment.

Les Galeries Lafayette sont dans la dernière ligne droite de la nouvelle organisation du travail en vue de l'ouverture dominicale du magasin amiral, boulevard Haussmann à Paris. Le comité d'entreprise et le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du site doivent se prononcer sur l'accord signé le 20 mai 2016 avec la CTFC et la CFE-CGC, d'ici la fin du mois de septembre 2016. La direction du magasin entend le mettre en oeuvre malgré l'opposition des syndicats CGT, FO et SCID, la justice ayant tranché en sa faveur sur la représentativité du SCID, contestée depuis qu'il s'est désaffilié de la CFDT.

Pour faire fonctionner son "navire amiral" le dimanche, 600 salariés sont nécessaires. Pour cela, le grand magasin prévoit de recourir au travail dominical (jusqu'à 7 dimanche par an) de salariés à temps partiel. Mais la grande nouveauté consistera à mettre en place des équipes dédiées de fin de semaine, liées par des contrats à temps partiel spécifiques. Les salariés embauchés dans ce cadre travailleront 3 jours d'affilée (du vendredi au dimanche ou samedi au lundi). Ces contrat de travail VSD (vendredi, samedi, dimanche) sont déjà utilisés par l'industrie sur certains sites qui "tournent" même le dimanche.

Des salariés actuels basculeront-ils sur le nouveau contrat de fin de semaine?

En l'occurrence, les Galeries Lafayette, selon le quotidien Les Echos, proposent des contrats à temps partiel de 21 heures rémunérées 28, entre le vendredi et le dimanche ou entre le samedi et le lundi. Le dimanche serait majoré à 100%, mais non récupéré. Certains salariés employés sous le régime de contrat de semaine classique, pourront aussi être tentés de basculer, sur la base du volontariat, sur le régime VSD.

Ce projet de travail dominical est aussi l'occasion pour la direction du magasin amiral parisien de revoir son organisation la semaine, en soirée. Ces changements à venir provoquent toutefois des remous. Les salariés du magasin Haussmann ont été appelés à la grève, le 9 septembre 2016, pour protester contre le projet de la direction d'ouvrir le magasin parisien tous les jours jusqu'à 20h30 au lieu de 20h (hormis le jeudi), avec arrêt du volontariat au-delà de 19h et remise en cause de primes existantes.

Les syndicats protestent contre la réorganisation en soirée la semaine

Ce projet prévoit que les salariés seraient obligés de travailler dix fois dans l'année jusqu'à 20h30, avec une seule prime liée à cet horaire. Pour la direction, il s'agit de simplifier un système complexe de primes se chevauchant pour différents horaires, pour ceux travaillant au-delà de 19h. La perte pour un salarié qui travaillait avant jusqu'à 20h par exemple "se monte à 260 euros par mois", selon un représentant syndical.

La direction s'est refusée à tout commentaire sur ces négociations mais a souligné que ce réaménagement des horaires en soirée, visait "à s'adapter aux standards du métier de grand magasin et à accompagner la transformation culturelle de l'entreprise, dans un contexte concurrentiel très fort".

Frédéric Bergé avec AFP