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Stabilisation du chômage : le bon côté des emplois aidés ?

En mai, le taux de chômage est resté stable.

En mai, le taux de chômage est resté stable. - -

Pour la première fois en 25 mois, le chômage s’est stabilisé en mai, même si le gouvernement table sur une accalmie plutôt qu’une réelle amélioration dans l’immédiat. L’utilisation d’emplois aidés pourrait toutefois permettre de tenir les objectifs de François Hollande.

C’est la première fois depuis plus de deux ans (25 mois) que le chômage n’augmente pas : mercredi, les chiffres du chômage dévoilés par l’Insee ont révélé que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A (ceux qui n'ont pas travaillé) est resté stable le mois dernier, à 3,26 millions. Mieux, en prenant en compte les demandeurs d’emplois en catégorie B et C (qui ont eu une activité réduite), le nombre de demandeurs d’emploi est même en très légère baisse de 0,1% (4,79 millions).
Pourtant cette « accalmie » a été prudemment saluée par le ministère du Travail qui y voit un simple « encouragement ». Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé que la France était « encore loin du but ». « Il y a encore beaucoup trop de gens au chômage, beaucoup de jeunes, beaucoup de chômeurs de longue durée », a-t-il déploré alors que sur un an, la hausse est de 11,5%.

« Mieux que rien »

Car malgré l’amélioration, la tendance de fond reste à la dégradation du marché du travail. Certains disent toutefois que les contrats de génération et les emplois d’avenir pourraient permettre à François Hollande de tenir son objectif d’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. En effet, ces deux types de contrat sont des emplois d'un genre particulier, puisqu'il s'agit d'emplois aidés. En finançant en partie l'embauche de catégories spécifiques (les jeunes et les séniors dans le cadre des contrats de génération, les jeunes sans formation ni diplômes pour les emplois d'avenir), l'Etat peut ainsi inciter à l'embauche, dans les collectivités comme le secteur marchand, de ces populations et faire baisser d'autant le chômage. Et ce n’est pas sans bénéfice, estime le professeur d'économie Alexandre Delaigue. « C’est mieux d’avoir des gens avec un emploi, même aidé, que des gens au chômage. Nous sommes dans une période difficile, avec une perspective de conjoncture très mauvaise, donc en attendant, les emplois aidés permettent de réduire la misère sociale causée par le chômage. On va dire que c’est mieux que rien », considère l’économiste.

« Un cache-misère »

Lui aussi économiste, Pierre Sabatier, fondateur du Cabinet PrimeView, estime toutefois que ces emplois aidés ne viennent rien changer. « Malheureusement, les emplois aidés, c’est un peu un cache-misère, c’est pour éviter que le bébé parte avec l’eau du bain, mais ça ne règle pas le problème. Le véritable problème, c’est "est-ce que les ménages aujourd’hui ont suffisamment de moyens pour consommer ?". Là, on pourra rentrer dans un cercle vertueux de création d’emplois, mais pour l’instant on n’en est pas là ».

Mathias Chaillot avec Antoine Perrin