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Salaires, dépense publique…ce que préconise le rapport franco-allemand

Emmanuel Macron et son homologue allemand Sigmar Gabriel ont pris connaissance du rapport proposant des pistes pour plus de croissance.

Emmanuel Macron et son homologue allemand Sigmar Gabriel ont pris connaissance du rapport proposant des pistes pour plus de croissance. - Eric Piermont - AFP

Un rapport remis à Bercy ce jeudi prône l’assouplissement du marché du travail en France, ainsi qu’une baisse de la dépense publique. La progression des salaires, elle, doit simplement être surveillée.

Le rapport franco-allemand tant attendu a été remis, jeudi 27 novembre, à Emmanuel Macron. Et comme prévu, la notion de gel des salaires pendant trois ans, évoquée par la presse allemande, n’y figure pas. En revanche, la France, menacée par un "manque d'audace", doit assouplir son marché du travail, surveiller la hausse des salaires et réduire ses dépenses, indique le texte.

Les économistes Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein, chargés par les gouvernements français et allemand de donner des pistes de croissance pour les deux pays, jugent ainsi que la France doit donner aux entreprises la possibilité d'aménager plus facilement le temps de travail, encourager l'embauche à durée indéterminée en rendant les coûts et délais des licenciements "plus prévisibles". Autre préconisation: enrayer les hausses de salaires déconnectées de l'activité, en allongeant à trois ans au lieu d'un an le délai entre négociations salariales ou en revoyant le calcul du Smic.

Macron désamorce une éventuelle polémique

"Pour ce qui est de la négociation triennale (des salaires) et la réforme du Smic, sur ces points-là ma conviction est qu'on règlera ce problème en achevant la réforme du dialogue social", a toutefois indiqué Emmanuel Macron, invité à réagir aux propositions contenues dans le rapport.

Selon lui, l'idée est "de voir ce qui sort de la négociation en cours" avec les partenaires sociaux. Mais aucune réforme "n'est prévue dans la loi".

En ce qui concerne le Smic, il a rappelé qu'une première réforme de son mode de calcul avait été faite en 2012 "et il n'est pas prévu de la modifier" à nouveau". Pour lui, l'enrichissement du dialogue social permettra de "dédramatiser cette problématique'.

L'Allemagne doit éviter le "contentement excessif"

La France devrait aussi "se donner un objectif" de dépenses publiques, en promettant de les ramener à 50% du Produit intérieur brut (PIB) contre 55% en 2013. Ils jugent que là où la France est confrontée à des besoins de réformes "urgentes et précises", l'Allemagne doit cesser de "procrastiner" face à de "sérieux défis de long terme" et éviter le "contentement excessif".

La "principale faiblesse" de l'Allemagne est sa démographie très ralentie, et pour y remédier "l'immigration doit augmenter", de manière à accueillir 300.000 personnes par an.

Le rapport préconise aussi d'encourager le travail des femmes, par la fiscalité et par la loi, au lieu de décourager les mères de travailler à temps plein. La première économie européenne devrait aussi investir 24 milliards d'euros supplémentaires dans les trois ans qui viennent, selon le rapport. Soit plus du double des 10 milliards d'euros d'investissements promis par Berlin d'ici 2018.

Y.D. avec AFP