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Rebsamen écarte un coup de pouce au Smic le 1er janvier

François Rebsamen, le ministre du Travail, estime qu'une croissance faible n'est pas compatible avec un coup de pouce au Smic.

François Rebsamen, le ministre du Travail, estime qu'une croissance faible n'est pas compatible avec un coup de pouce au Smic. - Eric Piermont - AFP

Le ministre du Travail a affirmé lundi qu'une revalorisation du Smic en dehors des mécanismes légaux n'était "pas toujours la bonne solution", notamment quand la croissance n'est pas au rendez-vous.

Pas de coup de pouce sans croissance. C'est le message qu'a voulu faire passer François Rebsamen, lundi 24 novembre. "Dans le Smic, il y a un engagement national: quand la croissance revient, le Smic doit augmenter. Quand elle n'est pas là, le coup de pouce n'est pas toujours une bonne solution", a ainsi affirmé le ministre du Travail lors d'un colloque sur le salaire minimum organisé par Force ouvrière.

Selon lui, "l'objectif prioritaire, c'est l'emploi et l'investissement" et "les salaires découleront du redémarrage des deux premiers". Il a également rappelé que "le Smic progresse chaque année. Mais nous avons un défi majeur pour redresser notre pays, dont la compétitivité a été abîmée".

Après son élection, François Hollande avait donné un coup de pouce au Smic, revalorisé de 2% en juin 2012. Mais depuis, le salaire minimum a évolué en fonction des seuls mécanismes légaux (dont l'évolution des prix et des salaires). La prochaine évolution du Smic doit intervenir le 1er janvier 2015.

Rebsamen rejette les propositions de Gattaz

Le ministre a par ailleurs "rejeté tout Smic dérogatoire ou un "sous-Smic" pour les jeunes ou les demandeurs d'emploi de longue durée", estimant que "l'efficacité économique de ce type de solution n'est pas démontrée".

"Je ne suis pas non plus pour des Smic qui seraient différents d'une région française à une autre: le Smic est un outil national de solidarité et doit demeurer le même partout sur le territoire national", a-t-il affirmé. "Pour un jeune pleinement dans la vie active, la règle est à travail égal, salaire égal. La société française ne veut pas d'une solution inégalitaire", a-t-il dit.

"La problématique est la même pour les demandeurs d'emploi de longue durée. Demander de choisir entre un emploi ou un salaire n'est pas acceptable", a-t-il insisté. "Nous traitons à la fois des inégalités de salaires et d'accès à l'emploi" et c'est "le sens de la nouvelle prime d'activité: soutenir les salaires et rendre l'emploi davantage incitatif".

Pour rappel, le président du Medef Pierre Gattaz avait suggéré une rémunération plus faible que le Smic, mais complétée par une aide temporaire de l'Etat pour réintégrer dans les entreprises les populations très éloignées de l'emploi, comme les chômeurs de longue durée.

Y.D. avec AFP