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Réactions vidéo - Michel Sapin s'explique sur la révision du Smic

Michel Sapin fait un toilettage des critères de calcul du Smic

Michel Sapin fait un toilettage des critères de calcul du Smic - -

Le Medef et la CGT ont réagi aux annonces du ministre du Travail. Michel Sapin a justifié la décision du gouvernement, en expliquant qu'indexer le Smic à la croissance serait une erreur.

"S'il y avait une croissance négative, il faudrait baisser le Smic", ce qui serait une erreur selon Michel Sapin.

Le ministre du Travail se trouvait dans une position délicate. D’un côté, il était temps de réviser le Smic, mais de l’autre, le ministre du Travail n’avait pas beaucoup de marge de manœuvre.

Il a donc décidé d’abandonner une des promesses de campagne de François Hollande qui était d’indexer la revalorisation du Smic sur la croissance. A la place, il propose un simple toilettage des critères de calcul.

L'indice des prix va être changé pour mieux tenir compte de certaines dépenses (loyer, énergie) et le salaire de base servant de référence est élargi à celui des employés, plus simple que celui des ouvriers.

La raison de ce revirement ? "S’indexer sur la croissance serait extrêmement dangereux, parce qu’on a vu des croissances négatives. Il faudrait alors faire baisser le Smic quand la croissance est négative? Il ne peut pas en être question" a-t-il expliqué à la presse ce lundi 17 décembre (voir vidéo ci-dessus).

L’autre explication pourrait être que l’indexation du Smic sur la croissance s'avérerait très coûteuse pour les finances publiques. Avec une croissance potentielle de 2% en France, le Smic progresserait de 1%, ce qui augmenterait de coût des allégements de cotisations sociales sur les bas salaires d’environ 3%.

La solution que préconise donc Michel Sapin c’est "il y [ait] des coups de pouce qui se [fassent] en fonction de cette croissance. Une forme de critère d’appréciation sur le coup de pouce mais pas de critères obligatoire et automatique".

Le curseur est placé au bon endroit

Une solution qui ne plait pas tellement à la CGT. "C’est un véritable dévoiement du coup de pouce qui avait été décidé avant. Un coup de pouce c’est un geste politique, pas un geste uniquement quand il y a croissance. On considère que quand il y a crise il doit justement y avoir coup de pouce pour aider l’économie française à sortir de l’ornière dans lequel elle se trouve", déplore Paul Fourier, représentant de la CGT aux négociations (vidéo ci-dessous).


En revanche, de son côté, le Medef estime que le ministre du Travail a eu la bonne attitude. "Il y a eu une revalorisation, ce qui est normal, mais pas de coup de pouce. Cela nous parait le bon endroit où placer le curseur dans la conjoncture très difficile dans laquelle se débat aujourd’hui les entreprises", explique Benoît Roger-Vasselin, président de la commission sociale du Medef (vidéo ci-dessous).


Diane Lacaze