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Que reproche-t-on à Charles Doux ?

Depuis le redressement judiciaire de son entreprise,Charles Doux est dans le collimateur du gouvernement

Depuis le redressement judiciaire de son entreprise,Charles Doux est dans le collimateur du gouvernement - -

Charles Doux est le propriétaire, avec sa famille, du premier producteur de volailles en Europe, le groupe Doux... désormais en redressement judiciaire. Son patron est clairement montré du doigt par le gouvernement.

Charles Doux et une partie de sa famille sont à la tête d’un géant dans le domaine de la production de volaille. En 2011, Challenges estimait la fortune de la famille propriétaire du groupe Doux à 330 milliards d’euros. Une très belle réussite, qui rayonne dans toute l’Europe et dont la France peut donc être fière. Pourtant, aujourd’hui, le groupe Doux se retrouve en plein redressement judiciaire. Et Charles Doux est la cible du gouvernement. Voici ce qu'on lui reprocherait.

1/ Alors que son entreprise est au plus mal, c'est Charles Doux lui-même qui a décidé d'interrompre les négociations avec la banque Barclays et les représentants de l'Etat, alors qu’un accord était proche pour un versement de 35 millions d’euros.

2/ C'est un problème de gouvernance qui a fait capoter l'opération, les banques voulant imposer un directeur général extérieur aux côtés du fils de Charles Doux... mais à 73 ans, ce dernier tient fermement à conserver la présence de la famille dans l’entreprise, qui détient plus de 80 % du capital.

3/ Charles Doux a préféré la solution du redressement judiciaire, une mesure saluée par les syndicats mais pas par l’Etat, qui s'inquiète pour les éleveurs indépendants dont Doux est le seul client.

4/ Charles Doux avait déjà fait parler de lui il y a deux ans à peine. A l’époque, le Fonds stratégique d'investissement était sur les rangs pour prendre une participation au sein de l'entreprise. Mais au final, le Fonds avait fait volte-face... non sans être un peu passé pour le dindon de la farce, Charles Doux ayant négocié en parallèle avec d'autres investisseurs potentiels.

Jean-Baptiste Huet et BFMbusiness.com