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Qu'est-ce qui pousse un salarié à signer une rupture conventionnelle?

La rupture conventionnelle permet au salarié de partir rapidement de son entreprise en ayant l'assurance de toucher des allocations chômage.

La rupture conventionnelle permet au salarié de partir rapidement de son entreprise en ayant l'assurance de toucher des allocations chômage. - Geralt - CC

Près de 360.000 salariés ont décidé en 2015 de quitter leur emploi via ce dispositif de séparation à l'amiable. La volonté de se lancer dans un nouveau challenge professionnel n'est pas la principale motivation.

2015 a été une année record pour la rupture conventionnelle: 358.244 salariés ont mis fin à leur CDI grâce à ce dispositif, selon des chiffres publiés en début de semaine par le ministère du Travail. Pour certains, ce dispositif de séparation à l'amiable permettrait aux employeurs de licencier leurs employés de manière déguisée ou bien de masquer des départs en préretraite.

Mais la rupture conventionnelle est bien souvent sollicitée par le salarié qui souhaite quitter son emploi tout en bénéficiant de l'assurance chômage. Le centre d'études pour l'emploi s'est penché sur les motivations de 101 candidats ayant signé une rupture conventionnelle. Dans près de 6 cas sur 10, le salarié est bien à l'origine de la demande de rupture.

Et c'est la dégradation des conditions de travail qui est le premier moteur de leur démarche. Plus d'un quart des salariés interrogés ont expliqué avoir quitté leur emploi parce qu'il n'offrait plus ou pas d'évolution en termes de poste ou de responsabilités. Le manque de reconnaissance salariale est aussi un motif fréquemment avancé: 69 des salariés interrogés ont déclaré n'avoir bénéficié d'aucune augmentation ces dernières années. 14 d'entre eux se sont même plaints de ne pas avoir vu le paiement des heures supplémentaires, des primes… voire de leur salaire!

Mettre fin à une mise au placard

Des difficultés relationnelles au sein de leur entreprise ont aussi poussé une bonne part de ces employés à vouloir partir. La moitié d'entre eux dénoncent une ambiance lourde au bureau, que ce soit à cause des collègues ou de leur hiérarchie ou encore d'une mise au placard. 43 des personnes sondées ont aussi expliqué que leur départ avait été motivé par des conditions de travail qui s'étaient dégradées, que ce soit du fait de changements d'horaires imposés, ou d'une pression de plus en plus forte de leur hiérarchie.

La mobilité vraiment choisie, celle du salarié qui souhaite mettre fin à son CDI parce qu'il a un projet professionnel autre (reconversion professionnelle, création d'entreprise ou autre poste en vue) ne concerne qu'un quart des cas. Et si la rupture conventionnelle n'existait pas, quelle aurait été l'issue choisie par ces salariés? Près de 40% auraient choisi la démission, et 28,2% auraient continué à serrer les dents en restant en poste. Ils sont 22% à estimer que de toutes façons, leur employeur les aurait licenciés.

C.C.