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Rupture conventionnelle: comment gagner le jackpot

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- - Gaizka Iroz - AFP

Le nombre de ruptures conventionnelles a battu un record en 2014.  Mais que ce soit le salarié ou bien l'employeur qui en soit l'initiateur, il faut utiliser les bons arguments pour partir avec le chèque le plus conséquent possible.

La rupture conventionnelle fait désormais partie du parcours professionnel du salarié. En 2014, ils sont près de 334.000 à avoir choisi cet accord à l'amiable pour se séparer de leur employeur, selon les statistiques du ministère du travail publiées ce 3 février. Une année record, malgré le durcissement des conditions d'indemnisations mis en place en juillet par l'assurance-chômage.

La rupture conventionnelle reste une opération financièrement intéressante. Selon une étude réalisée par l'Institut du salarié, si l'initiative du départ vient du salarié, il obtient en moyenne une indemnité de 1,05 mois de salaire par année d'ancienneté. Si c'est l'entreprise qui a décidé d'ouvrir les négociations, le salarié part avec en moyenne avec 1,8 mois de salaire. "Il y a souvent un sentiment de culpabilité de la part de l'employeur qui a décidé de se séparer d'un de ses employés. S'il avait de vrais griefs contre lui, il passerait par le licenciement. Dans le cadre de la rupture conventionnelle, l'accord se fait entre les deux parties, il va donc être plus ouvert à la négociation", explique Sophie Aubard, co-fondatrice de l’Institut du Salarié.

Eviter que la démotivation ne gagne tous les salariés

Et même si chaque situation est unique, il faut préparer ses arguments pour obtenir les indemnités les plus élevées. Naturellement, il faut mettre en avant l'investissement porté à la société au cours des années passées à son poste de travail. Mais quand la rupture est souhaitée par le salarié, il peut aussi arguer qu'il n'a pas reçu en retour de récompense sur le plan salarial. Ou encore qu'il ne voit pas une évolution de carrière à même de maintenir son implication. Une mauvaise entente avec une nouvelle équipe managériale peut aussi être portée au dossier. "Tout cela peut conduire à la démotivation, et cela coûte cher au final à l'entreprise. Elle sera donc gagnante à verser dès maintenaient des indemnités au collaborateur plutôt que de continuer à l'accueillir dans ses murs", reconnaît Sophie Aubard. D'autant que la démotivation peut gagner une équipe entière.

Privilégier la négociation

Si la rupture conventionnelle est initiée par l'employeur, jouer la corde sensible se révèle judicieux, à tout niveau de poste. Le collaborateur y gagnera à expliquer que la baisse de revenus liée au licenciement pourrait compromettre les études des enfants ou bien le remboursement d'un emprunt. Sans oublier les conséquences sur la santé.

L'employeur sera enclin à ouvrir les cordons de la bourse car il craint la mauvaise publicité à l'extérieur. En se montrant généreux avec son collaborateur, il espère ainsi garder son image de marque intacte. "Un argument auquel sont plus sensibles les grandes sociétés, reconnaît la co-fondatrice.

Dans tous les cas, il faut rester sur le registre de la négociation, et écarter tout conflit frontal avec sa direction. "Il faut sortir de l'émotionnel, de l'irrationnel et se cantonner aux faits pour obtenir un maximum", conseille Sophie Aubard. Au final "la seule reconnaissance est l'argent", conclut-elle.

Coralie Cathelinais