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Pour Valls, les marges des entreprises doivent d'abord servir à l'investissement

Manuel Valls a défendu ce 28 avril les mesures en faveur de la compétitivité

Manuel Valls a défendu ce 28 avril les mesures en faveur de la compétitivité - -

Le Premier ministre a estimé, lundi 28 avril, que les marges des entreprises gagnées via le pacte de responsabilité devraient être destinées à l'emploi et l'investissement, et non pas à rémunérer les dirigeants.

Après avoir adouci son plan d'économies pour calmer la fronde de sa majorité, Manuel Valls a bien pris soin de ne pas faire passer le pacte de responsabilité pour un cadeau aux entreprises. Lors d'une réunion consacrée à l'emploi et la compétitivité, le Premier ministre a, en effet, prévenu les entreprises qui retrouveraient des marges grâce aux allègements de charges. Pas question, selon lui, que ces marges servent à distribuer des dividendes ou à rémunérer les dirigeants.

"Je vais être très clair: les marges dégagées par les entreprises doivent servir à l'investissement et à l'emploi, elles n'ont évidemment pas vocation à être consacrées aux dividendes versées aux actionnaires ou à la rémunération des dirigeants", a-t-il ainsi déclaré. "Ces marges sont le carburant de la reprise économique, elles doivent alimenter notre système économique national", a-t-il ajouté.

Les engagements des entreprises doivent être "connus, compris, tenus"

"Il ne s'agit pas d'introduire une conditionnalité administrative aux baisses de cotisations et d'impôts, mais de s'assurer que les engagements sont connus, compris et tenus. Les entreprises doivent savoir que cette question leur sera posée", a-t-il déclaré.

Le "pacte" de responsabilité du gouvernement, qui ajoute 10 milliards d'euros d'allègements de cotisations sociales en plus des 20 milliards du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE), doit permettre d'améliorer la compétitivité et la rentabilité des entreprises.
Mais le gouvernement cherche depuis l'annonce de la mesure à s'assurer que les sommes économisées côté entreprises aient des contreparties sur leur usage.

Le chef du gouvernement avait annoncé le 8 avril, lors de sa déclaration de politique générale, que les 10 milliards d'euros d'exonérations de cotisations patronales concerneraient les salaires du Smic à 3,5 fois le Smic.

Y. D .avec AFP