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Plus d'un Français sur trois craint de perdre son emploi avec la crise du coronavirus

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- - Pascal Guyot - AFP

Une majorité de salariés est prête à renoncer à des augmentations ou des primes pour conserver leur emploi, avance une étude publiée par le site de recrutement Glassdoor.

Si la mise en place du chômage partiel dans une multitude d'entreprises (6,9 millions de salariés concernés à ce jour) permet pour le moment d'éviter des licenciements massifs, quelle sera la situation si le confinement se prolonge plus de deux mois? Pour beaucoup de Français, la casse sera inévitable.

Ainsi, selon un sondage* réalisé entre le 2 et 3 avril 2020 par Censuswide pour le site de recrutement Glassdoor, 39% des Français interrogés redoutent une baisse de leur salaire et une perte d'emploi à cause de cette crise sanitaire sans précédent.

Plus de craintes chez les jeunes

"On notera que cette crainte est plus masculine puisque 43% des hommes redoutent de perdre leur travail, contre 33% de femmes", peut-on lire dans le communiqué.

Elle est également plus forte chez les jeunes salariés puisque "la moitié des 16-24 ans craint de perdre son emploi, contre 18% des 55 ans et plus".

Néanmoins, ils se montrent particulièrement confiants en leur employeur: 77% déclarent faire confiance à leur employeur pour que ce dernier limite les licenciements et fermetures de postes.

Face à ces craintes, les salariés sont prêts à faire des efforts, voire des sacrifices. 59% d'entre-eux sont prêts à renoncer à des augmentations et 55% à des primes si cela leurs permet de conserver leur travail. Plus d'un tiers accepterait même une baisse de salaire. 

Prêts à des baisses de salaire

Les jeunes sont plus nombreux à accepter ces compromis: 45% des 16-24 ans seraient prêts à accepter un salaire plus bas, contre 29% des salariés âgés de 55 ans et plus.

"Les jeunes faisant leur entrée sur le marché du travail, redoutent une période de chômage d’une durée incertaine. Cette population pâtira malheureusement de cette crise sanitaire, voyant leurs projets professionnels retardés et rendant leur début de carrière plus laborieux", commente Marie Mure-Ravaud, experte de la Communauté Glassdoor dans le communiqué.

Et d'ajouter: "J’invite les jeunes diplômés à utiliser cette période de confinement pour prendre le temps de travailler un maximum sur leur Personal Branding (marque personnelle), bâtir et développer leur réseau en échangeant en ligne avec d’autres professionnels, mais également à identifier les industries les moins affectées par la crise et à ajouter des compétences à leur profil par le biais de cours en ligne pour pouvoir mieux répondre aux nouveaux besoins du marché du travail".

Enfin, plus globalement, les salariés français interrogés affichent leur pessimisme quant à la santé future de l'économie française. Les trois quart pensent qu’il faudra plusieurs années à l’économie pour se remettre de cette crise.

*: Cette enquête, réalisée par Censuswide pour le compte de Glassdoor, a porté sur 1 001 employés de bureau français entre le 2 avril 2020 et le 3 avril 2020.

Olivier Chicheportiche