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Pas de coup de pouce au Smic?

Michel Sapin n'annoncera vraisemblablement pas une hausse du SMIC supérieure à l'augmentation légale.

Michel Sapin n'annoncera vraisemblablement pas une hausse du SMIC supérieure à l'augmentation légale. - -

La Commission nationale de la négociation collective se réunit, ce 16 décembre, pour déterminer l'ampleur de l'augmentation du Smic au 1er janvier. Tout indique que le gouvernement se refusera à aller au-delà de la simple hausse légale.

Jour J pour le Smic. Ce lundi 16 décembre, la Commission nationale de la négociation collective se réunit pour se pencher sur l'évolution du salaire minimum au 1er janvier prochain. Michel Sapin, le ministre du Travail, fera part d'une éventuelle décision concernant "un coup de pouce", c’est-à-dire une hausse supérieure à l'augmentation légale dont il a déjà indiqué qu'elle atteindra 1,1%. Avec un hausse légale, le Smic horaire brut, qui s'élève actuellement à 9,43 euros, passerait ainsi à 9,53 euros l'an prochain

Mais tout porte à croire que le gouvernement préfèrera limiter au maximum cette hausse. Le 20 novembre, un groupe d'experts présidé par l'économiste François Bourguignon, directeur de l'Ecole d'Economie de Paris, et chargé d' "éclairer l'exécutif", avait déconseillé au gouvernement de décider un coup de pouce.

"Il ne semble pas justifié, aujourd'hui, de revaloriser le Smic au-delà de la règle officielle d'indexation basée sur l'inflation et l'évolution du salaire réel de base ouvrier et employés", écrivaient les experts dans un rapport alors révélé par l'agence de presse AEF.

Pas de coup de pouce à l'horizon

Vendredi 13 décembre, Michel Sapin a semblé suivre leurs recommandations. Sans indiquer clairement la décision du gouvernement, il a affirmé à l'AFP que "par la seule application des nouvelles règles de calcul" du Smic, "il y a un gain de pouvoir d'achat".

La revalorisation du Smic se base en très grande partie sur l'inflation mensuelle calculée pour les ménages les plus modestes et tient également compte de la hausse du pouvoir d'achat du salaire moyen horaire des ouvriers et employés. Mais à côté de cette formule complexe, le gouvernement peut décider d'une revalorisation.

1% de hausse peut détruire 15.000 emplois

Le 1er juillet 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande, l'exécutif avait ainsi décidé d'augmenter de 2% le Smic. La hausse comprenait alors un coup de pouce de 0,6%.

Le problème est que le niveau du SMIC fait débat. En mars dernier, l'OCDE, dans son rapport annuel sur la France, estimait que le Smic n'est pas "un instrument efficace pour combattre la pauvreté en raison de ses retombées en termes de temps partiel subi, de chômage des jeunes et des travailleurs peu qualifiés".

Dans une interview au Figaro du 21 novembre dernier, Francis Karmatz, directeur du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) affirmait lui que "toute hausse de 1% du salaire minimum détruit entre 15.000 et 25.000 postes".

Julien Marion