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Pacte de responsabilité: syndicats et gouvernement veulent bousculer le patronat

François Rebsamen réunit mercredi les représentants patronaux et syndicaux des branches professionnelles.

François Rebsamen réunit mercredi les représentants patronaux et syndicaux des branches professionnelles. - Alain Jocard - AFP

Le ministre du Travail François Rebsamen réunit mercredi les représentants des principales branches professionnelles, au moment où le pacte de responsabilité fait l’objet de vives critiques, notamment des syndicats.

Après les récentes déclarations d’amour adressées au patronat, le gouvernement semble souhaiter que ces rapports nouveaux produisent des effets concrets. Le tout alors que l’ensemble des syndicats ont montré de vrais signes d’impatience, notamment à propos des contreparties au pacte de responsabilité

C’est dans ce contexte que François Rebsamen réunit, mercredi 10 septembre, les représentants syndicaux et patronaux des principales branches professionnelles afin de dresser un bilan d'étape de "l'état des négociations". 

La rencontre de près de trois heures, clôturée par le ministre du Travail, consistera essentiellement à mettre en valeur les "bons élèves", afin de "mobiliser des branches" qui "doivent s'engager pleinement dans la dynamique du pacte (40 milliards d'aides publiques) en concluant des accords en matière d'emploi, de formation, de conditions de travail", explique le ministère.

Un seul accord de branche conclu

Car depuis le relevé de conclusion du pacte paraphé le 5 mars par le patronat et deux syndicats (CFDT, CFTC), un seul accord a été dûment signé dans un grand secteur: la chimie. Il prévoit 47.000 créations d'emplois entre 2015 et 2017. Des pourparlers ont eu lieu dans la métallurgie.

Pour le reste, c'est la guerre des chiffres: selon le Medef, 47 branches sont "déjà mobilisées" et une vingtaine devraient finaliser leurs discussions d'ici à la fin octobre, une donnée contestée par les syndicats, la CFDT évoquant le nombre de 20.

Outre le pacte, la qualité de vie au travail et l'emploi des jeunes feront l'objet de tables rondes, manière d'associer la CGT et FO, opposées au pacte et qui, sans cela, ne seraient pas venues.

La CGT et FO n'y croient pas

Dans un courrier adressé mardi à François Rebsamen, le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, s’est ainsi dit "surpris de la forme et du fond de cette initiative" et réclame "des engagements d'un tout autre niveau" afin de "contraindre" les patrons à s'engager. 

De son côté, Jean-Claude Mailly, le leader de Force ouvrière, a dénoncé une "opération de com", mardi sur France 5. "Plus ça va, plus on se rend compte que le gouvernement a accordé des aides aux entreprises sans contrepartie. Maintenant il rame pour essayer de montrer que c'est positif, mais il n'y arrive pas". 

En revanche, son homologue de la CFDT, Laurent Berger, partisan du pacte, a demandé à François Rebsamen "un discours extrêmement virulent et exigeant à l'égard du patronat". L'Unsa, également favorable au pacte, réclame quant à lui un "changement de braquet" et surtout "des actes". 

De son côté, le président du Medef Pierre Gattaz appelle à cesser de raisonner "en termes de donnant-donnant" dans l'application du pacte. Soit exactement ce que réclament l’ensemble des participants à une réunion dont les échanges pourraient être vifs. 

Yann Duvert avec AFP